Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,

Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.
 

Dites, qu'avez-vous vu ? 

(Baudelaire, extrait de Le voyage, Les fleurs du Mal)

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Aujourd'hui commence, et pour une semaine, le Festival Étonnants voyageurs, festival international du Livre de Bamako.
Ce festival
est né à Saint-Malo en 1990 à l'initiative de Michel Le Bris, qui dirige la collection "Petites bibliothèque Payot/voyageurs" ... et comme il se doit, il s'en est allé essaimer de part le monde : Sarajevo, Missoula (Montana), Dublin, Port au Prince (le dernier né)... et Bamako depuis 2005 !

C'est aujourd'hui un rendez vous incontournable de la littérature africaine.

Je regrette cruellement de ne pouvoir aller à certaines conférences de la thématique "ethnologues voyageurs" animées au CCF puisque la plus part ont lieux en pleine journée.

Je vais ainsi essayer de ne pas trop penser à la journée de jeudi consacrée à Marcel Griaule...

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... Fascinant ethnologue français des années 30, qui a percé bien des secrets de la culture et de la cosmogonie dogon (notamment à travers Dieux d'eau
-que l'on peut lire en intégralité sur ce lien- un ouvrage d'entretien avec Agotemmêli, un vieux chasseur dogon qui a accepté de révéler à Marcel Griaule la pensée dogon et son mythe fondateur !).

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C'est grâce encore aux travaux de Griaule qu'on a également pu établir le schéma de la cérémonie du Sigui : extraordinaire rituel itinérant de 7 ans qui n'a lieu qu'une fois tous les 60 ans (rendez vous en 2027 !).

C'est enfin un personnage particulièrement important quant au devenir des habitants de la falaise de Bandiagara puisqu'il a participé au développement de la culture d'oignons, une de leurs principales ressources aujourd'hui.
Lors de sa mort il a bénéficié de funérailles selon les rites dogons...

Bref, croyez le bien... je suis déçu !!

Je ne pourrais d'ailleurs pas assister non plus à la venue au Lycée d'Alain Mabanckou, l'auteur de Mémoires de porc-epic, prix Renaudot cette année, et qui vient se présenter et discuter avec nos élèves de 3e... Je n'ai rien lu de lui mais ai pu l'apercevoir sur TV5 parler de son roman qui avait l'air particulièrement intéressant sur le fond comme sur la forme de l'écriture...

Mais bon, je ne m'avoue pas abattu pour autant : je me rattraperai avec la projection ce week end d'un film de Jean Rouch, ethnologue de la trempe de Marcel Griaule qui, accompagnée de Germaine Dieterlen, a pu filmer la dernière cérémonie du Sigui !
Et la rencontre organisée jeudi matin avec les 2nd de Moussa konaté, co-directeur du festival de Bamako et auteur de l'empreinte du Renard
devrait parfaire ma bonne humeur !

C'est donc partie pour une cession de découverte de la littérature africaine dont je ne connais rien de rien :
Père Nouil tu es prévenu, ma liste risque de s'allonger cette semaine !