toumani_DiabateSamedi soir, nous sommes allé voir Toumani Diabaté, grand maitre parmi les maitres de la kora, au patio du CCF...

La kora est une harpe-luth à 21 cordes dont la caisse est formée d'une calebasse recouverte d'une peau de vache.
Figurez vous que Toumani Diabaté lui-même (!) est lié à l'origine de cet instrument par une vieille
légende (une parmi d'autres)  colportée par les griots.
Il y est ainsi rapporté que la toute première kora aurait été découverte par un général du roi de l'empire Mandingue parti à la recherche d'une jeune femme issue d'une ethnie montagnarde de Guinée, que des voyants lui avait conseillée pour se marier.
Lorsqu'enfin il l'a trouva, assise devant une grotte, la fille disparue. Il jeta aussitôt un filet...
Mais c'est une kora qu'il récupéra.

Le général déçu l'offrit alors à son griot : Djélimady Oulé Diabaté, dont Toumani est un descendant de la 71e génération...

J'avais déjà tenté de le voir une première fois peu de temps après mon arrivée au Mali, alors que je dormais encore à  au gîte Seguere (que je ne peux que recommander : un gîte très familial, exactement ce dont j'avais besoin pour mon arrivée, alors que je posais pour la première fois les pieds au Mali (et en Afrique occidentale !) avec pour seul repère et compagnon mon bagage de 30kg).
Ayant lu dans un guide qu'il s'y produisait tous les vendredis soir au Hogon, un maquis (bar dans lequel on peut écouter de la musique et siroter quelques bières)... j'y étais donc allé.

Seulement ce jour là il n'y avait absolument personne...

Deuxième tentative donc samedi soir :
On nous avait pourtant prévenu qu'il avait pour habitude de ne rejoindre ses musiciens que bien après s'être fait longuement désirer.
Et bien, il aura été à la hauteur de son retard légendaire : concert prévu pour 21h... le gaillard s'est pointé à 23h30 !
Mohammed, le patron du patio était fou de rage, et nous de fatigue !

Comme dit le proverbe ici (ou un auteur dont je ne connais pas le nom): "les blancs ont la montre, mais nous, nous avons le temps" !
Vous me rappellerez qu'il me faudra apprendre, en plus du bambara, les rudiments de la patience...

Et c'était finalement assez décevant : Toumani Diabaté ne faisait qu'accompagner ses musiciens sans grande motivation et le son était agressif.
Nous avions pris beaucoup plus de plaisir à écouter le joueur de kora qui accompagnait Dee Dee Bridgewater dans ce même lieu
quelques semaines auparavant !

Boulevard_de_l_independanceEnfin, pour autant, on continuera de se régaler en écoutant Boulevard de l'indépendance, dernier album en date avec son symmetric In_the_heart_of_the_moonorchestra...

... et le splendissime In the heart of the moon, en duo avec Ali Farka Touré !

(Il est possible d'écouter des extraits - mais d'une qualité très médiocre et d'une durée très courte - sur les liens).