Toujours dans notre tour d'horizon des gens du fleuve, après les bozos, quelques mots sur les peuls.
Si les bozos sont les pêcheurs, les peuls, ethnie semi-nomade également, sont les éleveurs.

village_peul_bord_niger

case_peul_bord_niger

Leurs villages temporaires ressemblent beaucoup à ceux des bozos : là encore il s'agit d'un regroupement de quelques cases de secco (pailles tréssées).

Mais chez les peuls la forme caractéristique est cette fois semi-sphérique et non cubique...

(ci-dessous, village peul à l'entrée/sortie de Mopti. Le long de la route Mopti-Sévaré)

peul_mopti_640x480

Les peuls sont pour certains sédentarisés, notamment depuis que cette sédentarisation fut imposée par Sékou Amadou lors de la réorganisation de l’empire peul du Macina (qui fera l’objet du prochain post… il vous faudra revenir dans quelques jours !).
Ce sont ainsi bâtis des villages comme celui de Sénossa, à 4 km de Djenné : minuscule village centré autour d’une mosquée d’une rare splendeur !

mosquee_senossa

vieux_peul_senossa

On y a croisé un certain nombre de ptits vieux portant la sagesse sur leur visage, entre leurs rides et sous leur chapeau de paille et de cuir...

(photo ci-dessous : le chapeau peul. Cliquez dessus - comme toutes les photos de ce blog- pour l'agrandir)
chapeau_peul

On y a aussi croisé des ptites vieilles croulant sous les poids cumulés d'une vie à piler, nous demandant des médicaments contre le "mal partout", lequel ne les empêchaient pas d'ailleurs de garder un sourire plus que moqueur en s'amusant de toucher nos "mains toutes molles !"

Ca, c'est pour la série des vrais grands moments de petites rencontres...

Parce que Senossa fut également pour nous l'occasion d'un pur moment de tourisme et de ses conséquences.

femme_peul

Tout juste arrivés dans une concession où 3 femmes étaient affairées à trier je ne sais quoi dans une calebasse, dans un mouvement qui tient du réflexe, l'une d'elle s'est levée et est revenue 2 minutes plus tard vêtue des boucles d'oreilles traditionnelles et de la tenue des grands jours.
Et la voilà se tenant immobile devant nous, sans un mot ni la moindre expression, qu'un sourire figé pour la pose.
Devant notre gêne visible et notre absence de réaction, Afourou, notre guide aux allures de gangsta-rappeurs américain, insiste : "il faut prendre la photo !".

Autant de chaleur, d'échanges et d'authenticité qu'avec une prostitué,
mais c'est la figure locale :
sa photo, nous dit-on, figure sur le guide du petit futé !