L'occasion était trop belle : en Mauritanie pour le travail (oui, quand même...), j'ai pu m'échapper 3 jours. Ni une, ni deux : direction le banc d'Arguin (non non, pas celui du bassin d'Arcachon !) !
Quelques mots, donc, en guise d'introduction...

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Le banc d'Arguin est une vaste réserve naturelle, au nord du pays, qui longe le littoral mauritanien sur plus de 180 km et couvre une surface de 12 000 km2.
C'est la rencontre du désert et de l'Atlantique...

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Les 8 petits villages que l'on y trouve présentent chacun un campement... celui de Cap Tafarit, communal, vaut vraiment le déplacement : on y dort sous la khaima (voir post précédent), à quelques mètres de la mer et l'on peut s'y régaler des thiéboudiennes (un plat à base de riz et de poisson) préparés par des femmes du village.

A vrai dire, on y trouve même des blocs sanitaires tout beaux tout neufs, avec robinets siouplaît, don de la généreuse Union européenne qui ne compte pas ses deniers pour aider ces pauvres pitits villages de pêcheurs africains, mais devrait plutôt venir sur place constater... qu'il n'y a pas de réseau de distribution d'eau ! Les blocs devront donc attendre que viennent les tuyaux...

Mais pas besoin de ça pour que s'y soit installé, là-bas, un morceau de rêve coincé entre tous les éléments : le désert se jette dans la mer, laquelle se perd dans l'horizon... On est au bout du bout du monde !

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Ce parc (voir le site officiel) a été créé en 1976, grâce à Théodore Monod et à Luc Hoffman, un écologiste suisse qui a créé la Fondation Internationale du Banc d'Arguin (FIBA). Le PNBA fête cette année le 10e anniversaire de son inscription au patrimoine mondiale de l'Unesco...

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C'est que ce parc est particulièrement important et intéressant : si le cadre est exceptionnel, c'est également une zone d'upwelling (voir ce dossier de l'IRD sur ce type d'écosystème, et sur celui du littoral mauritanien en particulier).
Il s'agit ici de l'upwelling du courant des Canaries : des mouvements atmosphériques entraînent un courant océanique de surface. Ce déplacement de masses d'eau superficielles crée alors un vide entraînant une remontée d'eaux profondes, froides, et chargées en éléments nutritifs. Arrivant en surface, ses sels permettent le développement des phytoplanctons, lequels sont à la base de la chaîne alimentaire ! Si les phytoplanctons se développent en quantités énormes, ceux qui s'en nourrissent également, et ceux qui se nourrissent de ceux qui s'en nourrissent également... En bref : la biodiversité (notamment piscicole et ornithologique) y est exceptionnelle... mais aussi exceptionnellement menacée.

Et ce sont véritablement tous les maillons de cette chaîne alimentaire qui présentent l'intérêt de cette région : le banc d'Arguin est en effet la région où vit une ethnie de pêcheurs particulièrement fascinante.
C'est le pays des imraguens...

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