Puisqu'on en parle, et qu'on n'est pas loin, mettons les voiles vers Djenné !
Et je n'emploie pas cette expression par hasard : la première fois que je m'y suis rendu, c'est en empruntant  la magnifique piste qui passe par Kémacina. C'était en février, les pluies n'étaient que de lointains et vagues souvenirs, et nous avions fait route au milieu d'une tempête de sable et de poussière...

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C'était une atmosphère étrange : de cette brume opaque sortaient des silhouettes aux boubous gonflés par le vent et prêtes à s'envoler, des tas de gens de tous les âges, semblant venir de nulle part et se rendre dans des villages improbables, tous courbés par le vent et emmitouflés dans des épaisseurs de chech et de tissus de toutes sortes...

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La piste traverse la région du Macina, cœur de l'ancien empire peul (la diina du Macina) fondé par Sékou Amadou au XIXe siècle... Un vaste et puissant empire théocratique musulman (le terme de "diina" venant de "dîn"  signifiant "religion" en arabe) qui réorganisa complètement le mode de vie peul (en les sédentarisant notamment) et mettant ainsi en place l'un des plus puissants empires de l'histoire africaine.

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Et on croise tout au long de la route, c'est ce qu'il y a de plus magique dans ce trajet, des petits villages, parfois pas plus grands qu'un ensemble de 4 ou 5 concessions. Des petits villages où l'on se demande comment les gens vivent, particulièrement en ces périodes sèches. Des petits villages dont on serait tenté de penser, croyant nos besoins et nos désirs universels, qu'ils sont au milieu de rien, et qu'on n'y trouverait, inévitablement, rien d'autre que des signes de misère. Mais des petits villages, pourtant, au sein desquels se dressent, pleines de vie, d'énergie, de force et de splendeur, des mosquées en banco extraordinaires de beauté, nous laissant ainsi nos idées préconçues plein les mains...

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