28 novembre 2009
Indigo jusqu'au bout des doigts
Fin juin dernier, je suis allé rendre visite à Aboubakar Fofana qui, finissant d'assurer une formation financée par l'ambassade de France, ouvrait grand les portes de son atelier. Sacrée rencontre.
J'ai d'abord connu cet artiste par ses calligraphies, c'est d'ailleurs justement par cela qu'il a commencé et qu'il semble vouloir encore se définir avant tout (un chemin qui l'a mené des calligraphies latines aux chinoises, avant d'y inclure les graphies
africaines). Ce sont ces traits en effet qui accompagnent La charte du Mandé et autres tradition du Mali, collectée par Youssouf Tata Cissé (indispensable si vous ne l'avez pas déjà !).
Par ailleurs, un mail envoyé par une lectrice de ce blog me demandant des renseignements sur les teintures naturelles m'avait poussé à retrouver les traces de cet artiste malien mondialement reconnu pour son indigo. Je n'avais pas fait le rapprochement, les homonymes étant particulièrement courants ici. C'était encore lui.
Je l'ai donc retrouvé dans son atelier bamakois du quartier de Korofina-Nord.
Le décalage entre la simplicité et de son atelier et le luxe qui entoure ses travaux est particulièrement saisissant : en me présentant ses tissus destinés à être teints, il me confie ainsi, alors que je joue machinalement avec un bon gros (très gros) rouleau : "attention, ça coûte 150 euros le mètre...". Décalage étonnant encore que la découverte dans son garage fermé par un pan de secko (paille tressée) les cuves si précieuses, contrastant avec l'ambiance qui devait régner au même moment au sein des 3 galeries qui l'exposaient à Paris, New-York et Tokyo !
A dire vrai, Aboubakar Fofana n'est pas un teinturier. C'est un chercheur en indigo. Passionné de cette couleur, il la travaille et la travaille encore depuis plus de 20 ans : partant des techniques traditionnelles maliennes, il en tire la substantifique moelle pour la confronter à d'autres pratiques, japonaise notamment (il a séjourné 2 fois au Japon, notamment à l'issue d'un prix remis par la Villa Médicis).
Le grand projet d'Aboubakar Fofana au Mali (parce qu'il travaille également en France) est de relancer la technique de l'indigo naturel, complètement délaissée ici. C'est aussi plus généralement celui de promouvoir la filière textile malienne.
En effet, le drame des pays ouest-africains producteurs de coton est que ce qui est censé être de l'"or blanc" est revendu directement à l'étranger, à des prix très loin du cours aurifère, du fait de la concurrence avec les agricultures subventionnées (responsable de surproductions qui, du même coup, font chuter les cours. A ce titre, je recommande la lecture de cet article signé Tom Amadou Seck dans Le Monde diplomatique).
C'est finalement à l'étranger que la transformation est réalisée, lui apportant sa valeur ajoutée. Et l'on voit finalement revenir ces tissus en bout de chaîne sous forme de fripes, les yougou-yougou en bamanan (apportées sous forme de balles par des organisations humanitaires en tous genres notamment) et vendues sur les étals des marchés. Leur prix défie toute concurrence puisqu'elles ne coûtent pas grand-chose au vendeur mais sape du même coup toute tentative de transformation du produit ici qui serait vendu de toute façon plus cher...
Ne pouvant rivaliser sur le même terrain ce genre de produit, pour Aboubakar Fofana une des solutions est donc de concurrencer non sur le prix mais sur la qualité. Son projet consiste donc à développer toutes les branches de production (qui profiteront de ces nouveaux marchés), depuis la production de l'indigo (ce colorant issu d'une plante que l'on trouve pour le moment essentiellement en Guinée), jusqu'à la transformation du coton (filé, tissé), la teinture (naturelle), la coupe et la couture...
Mais revenons à la technique de coloration naturelle de l'indigo...
Au départ il y a une plante, l'indigotier (Indigofera tinctoria).
Après avoir récupéré les feuilles, les avoir séchées, pilées et compostées, on en fait des boules de pâte qui serviront de base à une mixture peu ragoûtante.
Ce mélange est mis dans des cuves pleines de bactéries au métabolisme anaérobie qui, moyennant la présence de matière organique (banane écrasée, miel, céréales...), effectueront une fermentation. On ajoute une solution alcaline (cendres de bois) et le pigment est ainsi libéré. Tous les paramètres des cuves doivent être suivis au plus près : il s'agit de bien les choyer, ces bactéries...
Le mélange obtenu est alors d'un brun franchement rebutant, et on imagine mal comment il est possible d'en obtenir ces bleus si nuancés... C'est d'ailleurs un moyen de distinguer cette technique de son équivalent artificiel : si vous voyez l'artisan tremper son tissu dans un liquide bleu, c'est qu'en aucun cas il ne s'agit d'un indigo obtenu par un processus naturel.
Et c'est là précisément qu'est la magie de la teinture naturelle : la couleur bleue n'apparaît qu'au cours d'une oxydation. Le tissu est trempé dans cette mélasse brune, et à l'air libre, l'oxydation fixe l'indigo aux fibres en même temps qu'elle en révèle la couleur. En une minute à peine, sous nos yeux ébahis, le brun vire au vert, puis au bleu...
Les différentes cuves ont chacune leur âge, chacune leur équilibre, et toutes donneront une teinte différente. C'est donc en jouant avec ces nuances que l'on obtient l'harmonie souhaitée. Les plus vieilles cuves (et donc les plus précieuses) donnent le bleu le moins vif. Exit une autre idée reçue : le bleu ciel est bien plus précieux que le bleu le plus foncé.
Ah oui, dernier détail : contrairement à ce que laissent penser ses mains, une fois fixé aux fibres, le bleu ne les quittera pas... Une différence de taille que comprendront tout ceux qui ont déjà touché des teintures indigo artificielles !
25 novembre 2009
Restons sur la pinasse...
3 photos, prises au mois d'aout (pendant l'hivernage). Les cumulonimbus sont plus hauts que jamais, annonçant l'orage.
Mais pour l'heure qui vient au moins, ça va...
22 novembre 2009
Un moment de grande chaleur
Avec Salif, en famille, quelque part dans les environs de Mopti...
20 novembre 2009
L'architecture cap-verdienne
Il est temps de refaire son sac, et de retourner au Mali...
Mais avant de partir, une dernière balade s'impose dans les rues cap-verdiennes, pour s'imprégner de ce qui constitue un des points phares de l'image du Cap-Vert (je n'ai pas dit "identité") : les couleurs et l'architecture urbaine (voir aussi le post du 05/11/09 sur l'architecture rurale traditionnelle).
(place de la mairie à Sao Filipe, sur l'île de Fogo)
Les couleurs, d'abord, sont omniprésentes : des façades rouges, orange (j'apprends au passage que c'est invariable), bleus, vertes... le plus souvent dans des teintes pastel.
(rue de Ponta do Sol, sur l'île de Santo Antao)
Et, chose étonnante, il n'y a souvent que les faces principales des maisons qui soient peintes !
Côté moitié vide du verre, on trouvera que c'est dommage et que ça donne une impression de chantier à l'île. Ce n'est d'ailleurs finalement pas qu'une impression, on en croise de toutes parts. Si c'est la crise, elle n'est pas immobilière pour tout le monde, semble-t-il... Côté moitié pleine, ça donnera une impression de décors de cinéma en rappelant un peu les rues de Rochefort, dont les façades avaient été repeintes pour que les demoiselles de Jacques Demy puissent y vivre leurs aventures (et Bernard Evein, son décorateur, s'y connaissait en couleurs !)...
(vue de Mindelo, sur l'île de Sao Vicente)
On retrouve ces couleurs sur toutes les îles (en tout cas Fogo, Santo Antao, Sao Vicente et Santiago), que ce soit dans les villes principales comme dans les plus petits villages...
(village de Fontainhas, sur l'île de Santo Antao)
Quant à l'architecture des bâtiments, elle est particulièrement belle à Sao Filipe, sur l'île de Fogo. On y retrouve, comme dans tout le Cap-Vert, et comme dans beaucoup d'autres anciennes colonies, les incontournables maisons à véranda, témoins de la période coloniale (anglaise et portugaise ici).
Elles sont ici appelées sobrados. Ce sont des villas à étage et à balcon en bois sculpté qui appartenaient aux propriétaires terriens de l'époque, européens pour la plupart : le rez-de-chaussée était le lieu des tâches domestiques où vivaient les esclaves, tandis que les colons disposaient de l'étage (mais une fois par an, lors de la fête de Santa Cruz, les domestiques avaient le droit de monter et entrer dans les chambres).
(bas de la ville, près de la mairie de Sao Filipe sur l'île de Fogo)
Ces maisons s'articulent autour d'une cour intérieure, le quintal, sur laquelle donne une véranda au premier étage, débouchant sur les différentes pièces de la maison.
(une maison de Sao Filipe sur l'île de Fogo)
Toute l'organisation de la maison, balcons, vérandas, cour intérieure, a pour but d'apporter ombre et fraîcheur. C'est vraiment le point commun que l'on retrouve dans tous les bâtiments coloniaux des années 1930, qu'ils soient d'origine anglaise, portugaise ou française... (voir le post du 17/07/08 à Saint-Louis, et du 11/04/09 à Gorée)
Question architecture coloniale, les rues de Mindelo valent également la peine d'être parcourues. Cette capitale culturelle du Cap-Vert présente d'ailleurs aussi de grandes bâtisses officielles, particulièrement impressionnantes.
(le palais du Gouverneur de Mindelo, sur l'île de Sao Vicente)
Et, coup de cœur architectural, un marché couvert splendide !
Mais le mieux est encore que je vous laisse à Mindelo, à flâner dans les rues, le nez en l'air (commencez la déambulation ici)... La saison fraîche est arrivée à Bamako. L'harmattan commence à souffler. Il est temps de rentrer.
13 novembre 2009
Le moineau du Cap-Vert
L'isolement géographique insulaire favorise l'apparition de nouvelles espèces. Le génial Darwin l'avait bien remarqué, puisque c'est notamment en observant les différentes espèces de pinsons (en réalité des géospizes) des îles Galapagos qu'il comprit le mécanisme de l'évolution (voir ici).
Les îles du Cap-Vert ne font pas exception, et présentent, elles aussi, leurs espèces endémiques.
On préférerait peut-être s'attendre à y trouver une version de girafe à petit cou, un lion à la crinière rasta, ou encore une luciole qui, la nuit venue, non seulement brillerait façon stroboscope, mais jouerait aussi les DJ...
On pourrait s'attendre également à devoir marcher des jours et des jours et des jours, buvant la sève des arbres et se nourrissant de ses semelles de chaussures pour, peut-être, avec de la chance, entrapercevoir l'un de ces spécimens...
Rien de tout ça : l'une des espèces endémiques du Cap-Vert n'est autre que la plus banale de toutes, le moineau du Cap-Vert (Passer iagoensis) !
La femelle se distingue principalement par un sourcil beige particulièrement marqué.
Le mâle, quant à lui, présente une calotte noire en haut du crâne que n'ont pas les autres espèces de moineaux.
A comparer donc, avec le moineau domestique (Passer domesticus) : le mâle a une calotte grise et la tête un peu plus terne de la femelle ne laisse pas autant apparaître le sourcil; et avec le moineau espagnol (Passer hipaniolensis), dont la calotte du mâle est brune et dont la femelle ressemble à celle du moineau domestique.
Rien de sensationnel, dira-t-on. Ce qui ne l'empêche pas d'arborer haut et fort ses couleurs !
(sur cette photo, le mâle est en parade nuptiale, les ailes pointées vers le bas).
09 novembre 2009
Tout, tout, tout en haut du Pico
Avouez que ça valait le coup de monter !
Le large cratère que l'on découvre en haut du volcan fume encore, bien qu'il n'y ait plus eu d'activité au sommet depuis 1725 (les - nombreuses - éruptions plus récentes du Pico do Fogo ont été émises par des fissures)... et donc, oui, l'archipel du Cap-Vert semble être, bel et bien, le résultat d'une activité volcanique.
Plus précisément, de celui d'un point chaud...
<prof> Un point chaud consiste en la remontée d'un panache de roche du manteau terrestre. Ces roches (bien solides hein, ce n'est pas une bulle de magma comme on le montre souvent !) sont déformables à l'échelle des temps géologiques. Et ainsi, lentement, de million d'années en million d'années, elles remontent depuis les profondeurs de la Terre (2900 km pour les panaches qui s'enracinent le plus profondément).
A mesure que ces roches remontent, la pression diminue (mais les températures restent quant à elles très importantes du fait que le matériel provienne de grandes profondeurs), de sorte que, arrivées à une centaine de kilomètres sous la surface du sol, ces roches du manteau se mettent à fondre, produisant une vaste chambre magmatique. Lorsque ce magma perce la lithosphère et atteint la surface, il donne naissance à des îles volcaniques. </prof>
L'archipel du Cap-Vert repose ainsi sur un bombement de 600 km d'envergure, due à cette tête du panache. Et à l'heure actuelle, l'activité volcanique est concentrée sur l'île de Fogo.
<reprof> La lithosphère océanique est en mouvement, du fait que l'Atlantique continue à s'ouvrir (allez, souvenez-vous de vos cours de 4e ! Ces images où l'on voit l'Afrique et l'Amérique du Sud parfaitement emboitées puis s'éloignant l'une de l'autre). Mais le point chaud, lui, est fixe.
Ainsi, à mesure que la lithosphère se déplace, et que le magma atteint la surface, se crée une succession de volcans. Un seul est en activité, les autres étant les traces des anciennes percées magmatiques. </reprof>
C'est ce qui explique que le Cap-Vert soit constitué de plusieurs îles mais que seul Fogo présente un volcan en activité. Je vous ai parlé également des mamelles de Dakar, sur lesquelles est érigée la fameuse "Stature de la Renaissance africaine" (voir post du 14/09/09). Ces mamelles sont issues de ce même point chaud (à l'époque où les côtes africaines passaient au-dessus de ce point).
Revenons-en à notre Pico do Fogo, magnifique cône volcanique, splendide strato-volcan comme on dit (car issu de l'accumulation en strates successives des scories et coulées émises lors d'éruptions successives).
Mais l'île n'a pas toujours eu cette forme-là. C'était encore il y a quelques millénaires le cas d'école d'un autre type de volcan : les volcans boucliers. La lave très fluide s'écoulant sur des kilomètres avait alors formé un cône très aplati. Bien plus large que haut (voir sur cette page les silhouettes des différents volcans).
Et puis, il y a de cela 10 000 ans, le toit de la chambre magmatique s'est effondré. Il est résulté de cet épisode cataclysmique une vaste plaine circulaire bordée de falaise : une caldeira...
Caldeira ouverte vers l'est puisqu'en même temps que l'effondrement eut lieu un basculement qui entraîna plus de 150 km3 de matériel dans la mer.
Une nouvelle percée de magma créa le Pico do Fogo et d'autres cônes plus petits, à l'intérieur de la caldeira. Rien de mieux qu'une vue satellite avec l'ami google-earth pour se rendre compte de la morphologie des lieux...
Et n'allez pas croire que c'en est fini des éruptions : la dernière remonte à 1995 ! Elle s'est produite en bas du Pico do Fogo, et donna naissance à deux coulées (entraînant l'évacuation du village le plus proche) : ce sont celles que j'ai entourées de pointillés rouges sur la vue de la caldeira, et à un nouveau petit volcan : le Pico Pequeno (Petit Pico).
Voilà pour la petite histoire géologique...
Nous pouvons donc réendosser le sac, sans peur cette fois, puisque le meilleur après la montée reste encore la descente : s'il nous a fallu pas loin de 3h pour grimper au sommet, 1h nous aura suffi pour redescendre en courant tout droit dans la pouzzolane !
07 novembre 2009
El vinho do Fogo
On vous dira que le créateur du monde, une fois sa tâche accomplie, se posa sur l'Afrique et, exténué par le travail accompli, jeta dans l'Atlantique sa dernière poignée de terre. Ainsi naquirent les îles du Cap-Vert...
Une autre version, mais allez savoir qui croire, attribuerait plutôt à l'archipel une origine volcanique.
Et c'est vrai que sur toutes les îles que j'ai pu visiter, même sur celles où le volcanisme ne présente plus la moindre trace d'activité, l'impressionnante silhouette des cônes est omniprésente.
Une seule île présente un volcanisme actif : l'île de Fogo (signifiant "feu" en portugais)
Mais allez, on sera mieux en haut pour en parler !
Rendez-vous au sommet du Grand Pico, donc. Il culmine à 2829 m et on l'atteint par un petit chemin tracé dans
la pouzzolane. Précision qui a son importance : ne comptez sur aucun lacet pour en atténuer la pente.
Vous croiserez de nombreuses vignes avant la montée : la culture vinicole remonte à Fogo au XVIe siècle. La consommation du vin traditionnel, le manecon, est totalement intégrée à l'alimentation des habitants et son goût est... particulier ! Mais depuis quelques années, la coopérative Agro-Coop produit les vins Cha, avec des techniques de production modernes.
Pensez-y dans les moments difficiles, ces petites vignes vous récompenseront au retour d'un petit vin blanc particulièrement fruité, qui pansera allègrement la moindre de vos crampes et de vos ampoules !
Plus d'infos sur ce site, d'où est tirée la photo ci-dessus.
N'oubliez pas de goûter le rouge également, qui n'est pas mal non plus... d'autant que le monde étant décidément bien fait, l'île est productrice également d'un fromage de chèvre !
05 novembre 2009
L'architecture rurale cap-verdienne
Quand on pense à l'architecture cap-verdienne, les images que l'on a le plus souvent en tête sont celles de grandes maisons à étage et aux couleurs vives...
Cette architecture coloniale (ou plus généralement urbaine, on en reparlera), correspond aux bâtiments des grandes familles fortunées... L'architecture rurale, bien plus populaire et répandue donc, est tout à fait différente, et au moins aussi intéressante.
Cette architecture se caractérise en premier lieu par des maisons de plain-pied, construites en pierres sèches, c'est-à-dire constituée de grosses pierres plus ou moins rectangulaires, calées sans mortier, simplement avec de plus petits cailloux.
La pierre sèche est vraiment représentative de tous les types de constructions cap-verdiennes : les routes sont le plus souvent pavées de la sorte, les murets qui bordent les allées également.
Il existe deux types de constructions rurales, d'origine différente et représentative des deux influences de la culture cap-verdienne : l'une est d'origine africaine, l'autre européenne.
Côté influence européenne, portugaise en l'occurrence, on a le type de maison le plus courant : la maison rectangulaire.
En pierre sèche donc, avec un toit en paille (et une charpente assez simple, en bois ou en bambou), elle est organisée en 2 pièces : une salle qui sert pour dormir et une autre qui est davantage un lieu de vie.
Il en existe une variante, assez peu répandue et habitée par des personnes aux revenus particulièrement faibles, entièrement constituée de paille...

(merci S.R. pour la photo, prise dans la ribeira de Paul, sur l'île de Santo Antao)
L'autre type architectural est représenté par les funcos. Leur origine serait africaine (sur la base de l'étymologie - dont je n'ai pas trouvé le détail - et sur le fait que ces types d'habitations se trouvent surtout dans les zones où la densité d'esclaves était la plus importante).
Il s'agit de case ronde, d'une seule pièce. Ce type d'habitation est aujourd'hui de plus en plus rare, remplacé par des maisons rectangulaires bien plus confortables.
En voici un exemple, le seul que j'ai rencontré durant mon séjour, sur l'île de Fogo...
La forme d'origine comporte un toit en paille, remplacé de plus en plus par un toit en ciment : au-delà du fait qu'il résiste bien mieux, cela permet également de récupérer les eaux de pluie de façon très efficace !
Si ces habitations se font rares, elles sont néanmoins très présentes dans les images du Cap-Vert : en témoigne le nombre de gamins qui en vendent de petites reproductions aux touristes !
03 novembre 2009
De quoi monter 4 murs, mais pas plus...
Juste une photo aujourd'hui, prise à Calhau, sur l'île de Santiago... sans trop savoir si ce terrain est en friche ou en devenir.
J'ai pris cette photo avec celles du terrain de football (voir post précédent), en pensant à Romain et son blog (en attendant son prochain !).
Note du 05/11 : Je découvre en rentrant de vacances que le blog de Romain a repris du service !
01 novembre 2009
Goooooaaaaaaaal !
Si la religion catholique, venue avec les Portugais, est la principale religion du pays (pratiquée par 98% des habitants du pays, les autres sont surtout protestants)... celle dédiée au culte du ballon rond n'a pourtant rien à lui envier.
Sur toutes les îles visitées, dans le moindre village, même le plus perché, même le plus perdu, soyez certains d'y trouver un terrain ! C'est un élément incontournable du paysage cap-verdien : une église, un temple adventiste, un bistrot, un volcan au loin, la mer toute proche... et un terrain de foot aux reflets gris.
Impossible donc, de ne pas faire une petite série sur le foot, avec le terrain de Calhau, sur l'île de Santiago, qui porte à la fois des marques de terrain vague et de stade officiel avec buvette et locaux du club...
... et un match, vu de dessus, à Synagoga, sur l'île de Santo Antao, auquel on a assisté en attendant un aluguer (les transports locaux, équivalents des "bâchés" maliens). Tout le village était au rendez-vous et il y régnait une ambiance du feu de Dieu !




















































