Le dit du Magot - Blog d'un français au Mali

Journal de Bamako : le blog d'un français au Mali ! Partagez les impressions & découvertes soulevées par mes premiers pas foulés en terre africaine...

22 novembre 2009

Un moment de grande chaleur

Avec Salif, en famille, quelque part dans les environs de Mopti...

pinasse_1

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18 octobre 2009

Le sida est partout... même dans le désert

Panneau photographié à quelques kilomètres du croisement de Sévaré,
sur la route de Gao...

sevare_1a

sevare_1b

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09 mars 2009

Lancer d'épervier bozo

L'an passé (voir post du 26/03/08), je vous avais parlé des bozos, une ethnie de pêcheurs omniprésente sur le fleuve Niger...
J'avais alors terminé l'article par une photo de lancer d'épervier, ces filets coniques plombés sur les cotés que lancent les pêcheurs dans un geste d'une splendide maîtrise.

Noël dernier, avec l'ami Salif,
ce fut l'occasion de rejouer à la capture du lancer.
Du côté du lac Débo cette fois-ci...
... Et en vidéo ce coup-là !

Salutation spéciale aux 2 voyageurs rencontrés hier, à Ségou, grâce à ce blog
avec qui il fut bien agréable de refaire le monde...
Comme on dit ici :
ka sira diya ! (Bonne route !)
Ka se ni i numan ye ! (Que l'arrivée se fasse avec facilité !)

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23 juin 2008

Qui veut son morceau de bois ?

Il y a également l'embarras du choix !

bois_mopti

Le bois de chauffe au Mali représente, avec le charbon de bois, 93 % de la consommation énergétique des ménages.
Je vous laisse donc imaginer les ravages d'une telle dépendance à ce type d'énergie sur les forêts maliennes et les problèmes de désertification qui en découlent (la pluviométrie étant localement en grande partie liée à l'évapotranspiration de la végétation, les terrains deviennent alors incultivables et c'est sans compter le déplacement des populations animales qui laissent les chasseurs de plus en plus bredouilles)...

Puisqu'on est sur ce thème, c'est l'occasion d'un petit flash back nous portant à Siby.
C'était il y a presque 1 an et demi !
Pffiou, comme je le disais ce jour là : si loin, si proche...

PS: Et dire qu'avec ce message Le dit du Magot dépasse la barre des 100 articles !! Sacrée aventure...

Posté par Alexandre Magot à 14:18 - A Mopti - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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22 juin 2008

Qui veut sa calebasse ?

Il n'y a plus qu'à choisir !

calebasse

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17 juin 2008

Mopti sauvée des eaux

Dans chaque pays, pour peu qu'une ville soit dotée d'un peu plus d'eau que la normale, la voilà estampillée Venise nationale.
Allez chercher, mais puisque visiblement il en fallait une au Mali, c'est tombé sur Mopti !

Mopti est en effet située à la croisé du Fleuve Niger et du Bani.
Je m'y suis rendu en Octobre, c'est à dire à la sortie de l'hivernage (la saison des pluies), j'y suis retourné en Février, entre la saison froide et sèche et la saison chaude. Le contraste est donc saisissant !
Venise submergée par des acqua alta ?
Mopti y serait peut-être bien pour quelque chose : une belle démonstration de vases communicants ?

quai_mopti_octobre

Voici donc le quai de Mopti...

quai_mopti_fevrier












mopti_octobreanse_mopti_fevrier




Et ici l'anse de Mopti, lieu du marché hebdomadaire.

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02 juin 2008

Les clous du spectacle !

Nous revoici pour de bon au Mali,
et sur la terre ferme ce coup-ci,
puisque voilà la pinasse amarrée au port de Mopti pour une visite haute en couleurs :

Son chantier naval !

chantier_naval_mopti

Et parmi les planches et les pirogues en cours d'assemblage,
se trouve un spectacle pour le moins hors du commun :

la fabrique artisanale de clous !

fabrication_clous_mopti_4

 

Les pirogues utilisées au Mali sont en effet des pirogues clouées (kango), apparues  probablement (mais c'est incertain) au sud du delta du Niger vers le milieu du 19e siècle. Elle remplaçait alors les pirogues cousues, dont les planches étaient réunies par des cordes de fibres végétales... lesquelles remplaçaient également les pirogues monoxyles traditionnelles, creusées dans un tronc d'arbres...

A ce propos, je vous encourage à jeter un œil sur cet article passionnant de quelques pages (allez, c'est pas long, très facile à lire et c'est même écrit gros !) sur les pirogues de la boucle du Niger (technique, mais aussi charge symbolique etc). Une mine d'information !

Vous y apprendrez également que la réalisation des pirogues à Djenné (c'est de là que c'est particulièrement répandue la technique du kango) nécessitait des forgerons pour la fabrication des clous. Ils appartenaient à une caste d'artisans : les Kullés. Les bozos étaient quand à eux responsables de la fabrication de la pirogue proprement dite.

Je ne sais pas si ceux qui agissent aujourd'hui à Mopti sont encore de ces kullés... quoi qu'il en soit, assister à leur travail vaut sacrément le détour !

La division des tâches y est à l'extrême : toute une chaine d'un travail d'une répétition hypnotisante, pour transformer en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, une boîte de conserve en une collection de clous de formes diverses et variées.

fabrication_clous_mopti_2

Il y a ainsi un premier type qui découpe les canettes et les conserves en pièces métalliques triangulaires...

Le gamin qui tourne inlassablement la roue d'un vélo, actionnant ainsi un système d'aération permettant d'attiser un petit fourneau sur lequel...

Un troisième gars, le forgeron, transformera en 2 temps, 3 mouvements le triangle métallique en un clou parfait.

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Un surprenant cas d'école du taylorisme, donc : Chaplin s'en serait donné à cœur joie !

Article lié : la fabrication des pirogues à Nouh, page du 7 juin 2008

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21 décembre 2007

Architecture soudanaise (2)

Alors, hasard ou réalité scientifique ?

"Il n'y a pas de hasard, que des rendez-vous", disait Paul Eluard...

Et bien, en effet, l'architecture soudanaise est celui de l'Afrique occidentale et du monde arabe méditerranéen !
Comment en effet ne pas penser au Maroc ou à l'Andalousie en voyant, comme je le disais dans un précédent post, tout ces détails (êtes-vous allé à l'Alhambra ?), ces portes ou ces moucharabiehs ?

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(photo : Mosquée de Koua)

L'histoire classique de l'origine de l'architecture soudanaise nous fait remonter à l'empire du Mali et l'un de ses rois des rois les plus puissants, celui qui mena l'empire à son apogée : le mansa Moussa.

Avant tout, situons nous un peu dans l'histoire du Mali. Plusieurs empires puis royaumes s'y sont succédés au cours des temps :
    - l'empire Wagadu-Ghana du IIIe au VIIIe siècle,
    - l'empire du Mali du XIIIe au XVe siècle,
    - enfin l'empire Songhaï au XVe et XVIe siècle.

A la suite de quoi vint le temps des royaumes : royaume du Kasso, royaume bambara de Ségou et du Kaarta, Royaume Peuhl (la Diina) du Macina etc...

Mansa_musaL'apogée du royaume du Mali fut donc sous le règne de Kankou Moussa 1er, mansa (roi des rois) de l'empire de 1312 à 1332 (représenté ici sur une carte d'époque, une pépite à la main).

Il établit de très étroites relations diplomatiques avec le Maroc, la Tunisie et l'Egypte, et en 1329, part en pèlerinage à la Mecque, chargé d'une cargaison impressionnante d'or (40 mules chargés de lingots) qu'il distribue à tout va (à tel point qu'il en est responsable de la chute du cours de l'or durant plusieurs année en Egypte !).

Il ramène avec lui de la Mecque, outre les 2 fils du roi Songhai en otage, le poète et architecte andalou Abou Ishaq (ou Ibrahim) es-Saheli qu'il charge de bâtir les mosquées de Tombouctou et de Gao... les premières mosquée en banco.
Ainsi naquit l'architecture soudanaise...

La fin de son règne est marquée par de profonds échanges culturels avec le Maghreb. Nombreux professeurs, savants, poètes arabes se rendent au Mali à Tombouctou ou à Djenné. A cela s'ajoute des relations commerciales solides qui favorisent l'expansion de l'islam qui s'installe et prend place dans un socle religieux encore animiste.

Comme dit précédemment, une des mosquée les plus représentatives du style soudanais est la mosquée de Djenné...
Un peu plus petite mais assurément tout aussi belle, vous pourrez vous régaler de la mosquée de Komogel à Mopti.

komogel

Elle a été construite de 1936 à 1943 et restaurée tout récemment afin d'échapper aux effets secondaires désastreux d'un ancien crépissage en ciment. Quant à sa ressemblance avec la mosquée de Djenné... elle n'est pas un hasard non plus ! Elle a en effet été réalisée sous la direction de la corporation des maçons de Djenné, le barey-ton.

komogel_2

Bon, mais revenons un moment sur l'origine de l'architecture soudanaise... parce que les liens entre l'Afrique du Nord et la région soudanaise n'ont pas, et de loin, débuté avec l'empire du Mali ! Et pour certains, l'origine de cette architecture serait à chercher bien plus loin dans le temps, du côté de l'empire Wagadu...
Pendant cet épisode impérial, les relations avec le Maghreb furent en effet plus qu'étroites... liées à la fois à son apparition, son expansion, et sa disparition.
Le terme de Wagadu signifie "ville des troupeaux", quant à celui de Ghana (qui n'a pas de lien historique avec l'actuelle Ghana), il signifie "roi guerrier". Cet empire fut un des épisodes les plus fastes de l'histoire des empires. Son économie reposait sur le commerce de sel, d'or, d'ivoire, d'esclave... et dans de nombreux écrits arabes, on le désigne sous l'appellation d'empire de l'or.
C'est dans le Tarik-es-Sudan (voir tome 1 et tome 2), une "histoire du Soudan" achevée en 1655 par Abderrahamne es-Saâdi que l'on trouve des trace de l'origine de cet empire...  Il aurait ainsi été fondé par les Soninkés, bien que d'autres passages du livre feraient référence à des hommes de races blanches comme 1ers rois.
Son apogée se situe entre le IXe et le XIe siècle, période pendant laquelle les relations commerciales avec le maghreb étaient particulièrement intenses. Avec ces relations se sont donc ajoutés des échanges diplomatiques et culturels qui pourraient s'être ressentis dans l'architecture, particulièrement celle des mosquées puisque ces liens sont également en rapport à la diffusion de l'islam dans la région.

Quant à la chute de l'empire, elle est marquée par des épisodes de sécheresse successifs mais également par l'invasion des almoravides (berbères sahariens) qui s'emparèrent quelques temps de l'empire du Ghana, avant de l'abandonner et s'en retourner au Nord.

Tout ça pour dire que la naissance de l'architecture soudanaise ne résulte donc probablement pas d'un, mais de nombreux rendez-vous avec le monde arabe.... complexes, mais féconds !

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Posté par Alexandre Magot à 14:59 - A Mopti - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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