Le dit du Magot - Blog d'un français au Mali

Journal de Bamako : le blog d'un français au Mali ! Partagez les impressions & découvertes soulevées par mes premiers pas foulés en terre africaine...

01 août 2009

Au port de pêche de Nouakchott

Peu de temps pour vous présenter un lieu haut en couleur et où règne une atmosphère particulièrement animée : le port de pêche de Nouakchott.

10 photos donc, pour vous emmener dans cet endroit...
... où les bateaux, tous plus colorés les uns que les autres et rappelant ceux de Saint-Louis, sont indénombrables...
... où les bateaux rentrant au port s'échouent sur la plage et sont immédiatement assaillis par ceux qui viennent en récupérer les prises...
... où les marins tirent en chantant le bateau, pour le remonter à son point de stationnement...
... où les poissons se revendent enfin, dans le marché tout neuf attenant et où, alors, c'est surtout une affaire de femmes...

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29 juillet 2009

L'appel du pays ?

Au village d'Iwik, village imraguen du banc d'Arguin...

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27 juillet 2009

Les villages imraguens

5 photos pour se faire une idée de l'architecture des villages imraguens...

Les habitations sont construites à partir de mille morceaux récupérés dans les environs. Tout y passe : planches, tôles, fûts... formant un patchwork au ton pastel particulièrement poétique.
Rappelant l'omniprésence de la mer, et la dépendance des imraguens à pêche, les toits sont très souvent recouverts d'un filet.

Il s'agit bien d'un type d'architecture en soit, puisqu'il se dégage des 4 villages que j'ai pu visiter la même ambiance, et les bâtiments présentent une cohérence évidente.

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24 juillet 2009

Les imraguens, pêcheurs du banc d'Arguin

Le Banc d'Arguin, c'est aussi et surtout le pays des imraguens...

Il s'agit d'une ethnie de pêcheurs d'origine diverse : berbère (dont certains mots de vocabulaire sont issus, notamment concernant la pêche) et d'anciens esclaves. Répartis sur les 8 villages que comptent les 180 km de côte, ils sont les seuls a avoir le droit de pêcher dans la région. Et ils le sont sous contrôle, contraints à un quota défini espèce par espèce et à une technique de pêche précise.

Jusqu'à il y a quelques années encore, leur technique était  particulièrement fascinante : qui n'a pas en tête ces images de pêche d'autrefois, quand ils sifflaient et tapaient sur l'eau afin d'appeler les dauphins qui rabattaient ainsi vers la côte les bancs de mulets jaunes. A pied et le filet sur l'épaule, les imraguens n'avaient alors plus qu'à se servir !
Si vous n'avez pas été élevé au dimanche-Cousteau, au vendredi-Thalassa ou baigné dès votre plus tendre enfance aux divers documentaires animaliers et livres pour apprentis naturalistes, je vous encourage vivement à regarder les 5 premières minutes de ce documentaire : oubliez la voix off, les images de pêche sont quant à elles vraiment exceptionnelles !

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Aujourd'hui, la technique a évolué. Les imraguens pêchent depuis les années 30 à partir d'un bateau dont la forme serait originaire des îles Canaries : la lanche. Il s'agit d'un bateau très rudimentaire, sans moteur, et doté d'une voile sans baume. Lorsqu'un banc de poisson est repéré, les pêcheurs descendent de la lanche, le filet toujours sur l'épaule (l'eau est peu profonde), et la pêche se fait encore à pied...

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Spectacle incontournable : il faut aller les voir à la fin de la journée, au moment où le soleil se couche, ramener leur pêche. Les filets sont tirés par plusieurs hommes, vidés sur le sable, puis les courbines, les mulets, les raies, les requins marteaux... remplissent les arrières de pick-up approchés au plus près de l'eau.
Les prises sont impressionnantes !

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A lire, pour ceux que ça intéresse : Coutumes des imraguens, article rédigé par le lieutenant Lotte en 1937 dans le journal de la société des Africanistes !

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21 juillet 2009

Les oiseaux du banc d'Arguin

Dommage, ça n'était pas la saison...

Le banc d'Arguin, du fait de son upwelling dont je vous parlais la dernière fois, est un des hauts lieux de l'ornithologie mondiale !
Chaque année, d'octobre à mars, s'y rendent en effet 2,3 millions d'oiseaux migrateurs, et, nous dit le site du PNBA, 30 à 40 000 individus y nichent !

Il n'y avait pas beaucoup d'oiseaux lors de mon passage, mais quand même un nombre impressionnant de martinets et d'hirondelles de plusieurs sortes, des grands cormorans et des pélicans aussi... et par dessus tout : des sternes caspiennes, tellement vives et élégantes.
J'ai toujours eu un faible pour les sternes : on les voit survoler l'eau la tête pliée, à guetter le poisson, et soudain foncer pour plonger d'un coup sec.

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Les voici en colonie sur une sebkha, une zone désertique en légère dépression où s'infiltre l'eau de mer. C'est un piège terrible pour les conducteurs mal informés : les voitures s'y embourbent, et il est alors particulièrement difficile d'en sortir !
Pendant mes études, j'ai étudié en long, en large et en travers leur sédimentation particulière (évaporitique notamment) : je n'imaginais absolument pas ça ainsi. Il s'agit en fait d'une zone marron foncée qui se détache relativement peu du paysage...

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Autre oiseau croisé et figure incontournable du banc d'Arguin : le flamand rose.
Visiblement, ils nichent ici régulièrement depuis 2005.

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Ça n'était pas la saison donc... mais il y a pire !

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17 juillet 2009

Le banc d'Arguin

L'occasion était trop belle : en Mauritanie pour le travail (oui, quand même...), j'ai pu m'échapper 3 jours. Ni une, ni deux : direction le banc d'Arguin (non non, pas celui du bassin d'Arcachon !) !
Quelques mots, donc, en guise d'introduction...

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Le banc d'Arguin est une vaste réserve naturelle, au nord du pays, qui longe le littoral mauritanien sur plus de 180 km et couvre une surface de 12 000 km2.
C'est la rencontre du désert et de l'Atlantique...

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Les 8 petits villages que l'on y trouve présentent chacun un campement... celui de Cap Tafarit, communal, vaut vraiment le déplacement : on y dort sous la khaima (voir post précédent), à quelques mètres de la mer et l'on peut s'y régaler des thiéboudiennes (un plat à base de riz et de poisson) préparés par des femmes du village.

A vrai dire, on y trouve même des blocs sanitaires tout beaux tout neufs, avec robinets siouplaît, don de la généreuse Union européenne qui ne compte pas ses deniers pour aider ces pauvres pitits villages de pêcheurs africains, mais devrait plutôt venir sur place constater... qu'il n'y a pas de réseau de distribution d'eau ! Les blocs devront donc attendre que viennent les tuyaux...

Mais pas besoin de ça pour que s'y soit installé, là-bas, un morceau de rêve coincé entre tous les éléments : le désert se jette dans la mer, laquelle se perd dans l'horizon... On est au bout du bout du monde !

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Ce parc (voir le site officiel) a été créé en 1976, grâce à Théodore Monod et à Luc Hoffman, un écologiste suisse qui a créé la Fondation Internationale du Banc d'Arguin (FIBA). Le PNBA fête cette année le 10e anniversaire de son inscription au patrimoine mondiale de l'Unesco...

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C'est que ce parc est particulièrement important et intéressant : si le cadre est exceptionnel, c'est également une zone d'upwelling (voir ce dossier de l'IRD sur ce type d'écosystème, et sur celui du littoral mauritanien en particulier).
Il s'agit ici de l'upwelling du courant des Canaries : des mouvements atmosphériques entraînent un courant océanique de surface. Ce déplacement de masses d'eau superficielles crée alors un vide entraînant une remontée d'eaux profondes, froides, et chargées en éléments nutritifs. Arrivant en surface, ses sels permettent le développement des phytoplanctons, lequels sont à la base de la chaîne alimentaire ! Si les phytoplanctons se développent en quantités énormes, ceux qui s'en nourrissent également, et ceux qui se nourrissent de ceux qui s'en nourrissent également... En bref : la biodiversité (notamment piscicole et ornithologique) y est exceptionnelle... mais aussi exceptionnellement menacée.

Et ce sont véritablement tous les maillons de cette chaîne alimentaire qui présentent l'intérêt de cette région : le banc d'Arguin est en effet la région où vit une ethnie de pêcheurs particulièrement fascinante.
C'est le pays des imraguens...

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14 juillet 2009

L'indispensable khaima

Je connaissais les yourtes mongoles, les tipis et les wigwams amérindiens, les tentes marocaines... Bien sûr aussi les cases de paille rondes et carrées construites respectivement par les peuls (cf post du 29/03/08) et les bozos (cf post du 26/03/08) au Mali...

En Mauritanie, l'habitat temporaire des nomades est la khaima...

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Coup de coeur pour cette tente qui se monte en deux temps, trois mouvements, fraîche quand il fait chaud, chaude quand il fait frais... et que l'on trouve dans toutes les dimensions.

Pris avec un ami d'une irrésistible envie d'en ramener une, nous avons foncé droit vers le marché aux khaimas (à côté de la mosquée marocaine), parés à nous lancer dans une grande joute de négociation.

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Nous voyant arriver tous deux prêts à en découdre, les femmes ont senti poindre l'affaire du moment (il n'y avait que des femmes, par groupes de 4 ou 5, avec à leur tête une vieille au caractère bien trempé) !

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C'est d'ailleurs cette femme âgée, à gauche sur la photo, qui a bien voulu que je les photographie... Ce n'était visiblement pas au goût de toutes (il est assez difficile de prendre les gens en photo en Mauritanie, république islamique oblige, et j'avais encore en tête les mésaventures racontées la veille de quelqu'un embarqué par deux policiers en quête d'argent de poche pour avoir abusé du déclencheur). Il s'en est donc suivi une scène de belle engueulade en hassanya : j'ai pris mes 3 photos, et j'ai eu vite fait de remballer l'appareil !

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Une fois happés, il ne fallait plus nous lâcher ! A peine avions-nous déploré l'absence de quelques-uns des crochets aux toiles... que l'ensemble des couseuses y ont remédié aussi sec, à un rythme effrené, et noyées sous les tonnes de tissus déballées !

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Impossible d'être raisonnable dans ces conditions. Nous sommes repartis avec 6 khaimas de 25 mètres carrés sous le bras !
On a craqué... Mais comment résister ?

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11 juillet 2009

Où il y a de la vie, il y a de l'espoir

Une série de photos prises au banc d'Arguin.
J'ai été très ému là-bas, par tous ces contrastes liés au désert : des habitations dans des lieux qui semblent, en apparance, si vastes, si vides, et où seule la solitude semble - et encore ! - pouvoir s'épanouir.
Des points de couleurs si vives, si belles, dans des étendues où tout, y compris les teintes, semblent se perdre...

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09 juillet 2009

Tempête de sable sur Nouakchott

En chauffant, la densité de l'air diminue (<prof /> la chaleur c'est de l'agitation moléculaire ! Il faudra donc évidemment plus de place pour contenir des molécules agitées, que d'autres aussi sagement disposées que les bibelots des étagères de ma grand-mère ! Par unité de volume, la masse de molécules (et donc la densité) est donc inférieure pour l'air chaud, que pour de l'air froid... </prof>).

L'air chaud, peu dense donc, s'élève en altitude... et se refroidit. Cet air froid descend alors, et on se trouve avec une boucle de convection (cf post du 06/12/08) à l'origine d'un courant d'air qui balaye le sable... et peut entraîner des tempêtes remarquables !

Voyez ici cette image captée par le satellite Envisat de l'ESA  pour avoir une idée de l'ampleur du phénomène !

Celle dont les photos suivent s'est abattue une nuit, sans prévenir, sur Nouakchott.
Drôle de réveil le matin, dans cette étrange atmosphère dense, orange, impénétrable et au goût d'une fine poussière qui pénètre absolument partout.

Comme photo-témoin je commence par la photo d'une rue de Nouakchott, par temps clair...

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L'assaut a duré plusieurs heures.
La ville a finalement pris le dessus sur le désert.
Mais pour combien de temps encore ?

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06 juillet 2009

A moi le désert !

C'était un rêve de gamin.
Depuis que le choix de la destination s'est fixé sur la Mauritanie, toutes mes escapades avec St Ex, mes balades en compagnie de Monod, mes virées avec Le Clézio me sont revenues en mémoire...
Quelques images de Picsou aussi ! Et si, à côté des noms précédents vous êtes surpris, c'est que n'avez pas passé suffisament de temps sur les pages dessinées par Carl Barks !

Bref... tout ces souvenirs en poche :
à moi le désert !

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la Mauritanie est bien un pays ensablé !
Le désert est à la porte de Nouakchott : l'arrivée en avion est saisissante !

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Il y a donc bien sûr les ergs, où l'on se perd dans l'interminable succession des dunes...

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Mais il y en a aussi de mille autres sortes : des étendues de sables blancs, ou jaunes, ou bruns, ou ocres, à perte de vue !

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Et pour le coup, nous avons eu plus que le temps de profiter de celui qu'il faut traverser pour atteindre le banc d'Arguin : par toutes les lumières, toutes les heures du jour et de la nuit même !
Notre guide-chauffeur recruté pour y aller s'est en effet avéré sur place être... surtout chauffeur ! Il nous aura donc fallu 7h pour finalement rejoindre nos amis partis en même temps que nous, à midi, et qui, eux, ont fait le chemin en 2h30 !

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A regret, je n'ai pas eu le temps d'aller voir les regs caillouteux...
Mais où que l'on aille, il faut toujours laisser quelque chose à faire pour la prochaine fois !

Posté par Alexandre Magot à 12:29 - Ailleurs : en Mauritanie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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