Le dit du Magot - Blog d'un français au Mali

Journal de Bamako : le blog d'un français au Mali ! Partagez les impressions & découvertes soulevées par mes premiers pas foulés en terre africaine...

11 juin 2009

Le Mali pas à pas...

Alors là...
J'aime autant vous dire que j'en suis tout ému, et tout fier aussi !

Je vous présente en effet la création d'art postal (mail art) réalisée et envoyée par Danielle Roy.
Merci, merci, merci :
c'est peu dire que ça me touche... énormément !

Mali

Mali_1

Vous pouvez aller voir d'autres de ses créations : une particulièrement réussie je trouve, sur le thème de Doisneau & Prévert (A quoi rêvais-tu ?), et une autre en hommage à Gainsbourg (Gainsbarre-Gainsbourg). Son propre site en lien bientôt, j'espère !

Posté par Alexandre Magot à 13:15 - Au Mali - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 janvier 2009

Vers une caste des jumeaux ?

La société malienne est divisée en groupes ethniques bien différenciés... tout le monde vit ensemble, pourtant chacun sait à quelle ethnie appartient l'un ou l'autre, et il n'est pas rare dans un village de voir des quartiers constitués en fonction de l'origine ethnique de ses habitants.
Je vous ai ainsi parlé des peuls, des bambaras, des bozos, des dogons... il y en a beaucoup d'autres (13 langues nationales sont reconnues officiellement au Mali !).

Cette répartition ethnique est l'une des bases de l'organisation sociale du pays, puisqu'on retrouve beaucoup de ce découpage ethnique dans la répartition du travail : les bozos sont majoritairement pêcheurs, les peuls éleveurs, les malinkés commerçants, etc. Bien entendu ce n'est pas exclusif : chaque ethnie comporte en fait l'ensemble des métiers et plusieurs ethnies peuvent être traditionnellement spécialisées dans la même fonction : beaucoup de touaregs, comme les peuls, sont ainsi éleveurs...

Par ailleurs, la plupart (toutes ?) des ethnies sont organisées en castes. Ce n'est pas le système de castes indien, aussi marqué, mais elles existent cependant bel et bien, étant traditionnellement "hiérarchisées, caractérisées par une spécialisation professionnelle et une endogamie" (Le régime des castes et leur dynamique au Mali, Bréhima Béridogo).

Concernant les castes, j'en avais évoqué l'existence en parlant le 2 juin dernier des kullés, caste qui était responsable, dans la région de Djenné, de la fabrication des clous de pirogue... Nous avions évoqué également les numus de Kalabougou, caste d'artisans forgerons bambara....

Bien sûr, ces castes ne sont pas de véritables carcans imperméables dont les individus ne peuvent s'extirper. Mais c'est tout de même une réalité que l'on côtoie chaque jour, notamment à travers l'importance des noms de familles, le jàmu. Les Maliens se repèrent à leur patronyme, indiquant immédiatement l'ethnie (par exemple un Maïga sera songhaï, un Traoré malinké, un Ouattara sénoufo...) mais souvent aussi la caste (un Diabaté ou un Kouyaté est un malinké de la caste des griots, tandis que les Keita sont de la caste supérieure).

C'est pourquoi le grand jeu des Maliens avec qui vous discutez est de vous demander votre jàmu, votre nom malien, ou à défaut de vous en donner un !
Ce jeu issu de cette distinction d'ethnies et de castes vient aussi d'une relation humaine étonnante qui en découle et qui est si difficile à décrire: le sanankuya, ou alliance (aussi appelé cousinage) à plaisanterie !
Mais on en reparlera...

Les castes comme réalité de l'organisation de la société malienne, c'est ce que nous rappelle encore ce fait décrit par Bréhima Béridogo, à savoir que "depuis un certain temps (1997), une campagne médiatique est entreprise pour démontrer que c'est accidentellement qu'un des premiers responsables du parti de l'Union Soudanaise section du Rassemblement Démocratique Africain porte un patronyme de jali (griot)"

Pour ceux que ça intéresse, je vous encourage à vous reporter à cet article déjà 2 fois cité de Bréhima Béridogo, maître de conférence à la Faculté de Sciences humaines (FLASH) de Bamako, ou au livre de N'Diaye Les castes au Mali (écrit en 1970 et paru en format de poche il y a 2 ans chez Présence Africaine).

...

Bref.
Tout ça pour dire qu'il semble qu'une nouvelle caste soit en passe de s'imposer à Bamako : les jumeaux (et par extension, les frères et sœurs mais également les femmes de jumeaux). Je ne suis pas en mesure de vous dire si cette caste repose en effet sur une endogamie (la dernière photo peut poser bien des questions quant à la nature de leurs relations matrimoniales !), en revanche il y a très clairement une spécialisation professionnelle : la chaussure en friperie !

jumeau_medine_3

jumeau_koulikoro

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jumeaux_medine_1

jumeau_medine

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14 décembre 2008

Les véhicules aussi ont plusieurs vies

Les véhicules, comme les chats, ont plusieurs vies.
Neuf, peut-être pas... mais 3 assurément : la première en Occident... passant d'une main à une autre, et égrenant les kilomètres par poignées de milliers. Quand ils atteignent la centaine, ça commence à sentir le roussi pour eux. Triste sort ?
Pas si triste finalement, parce que la roue tourne et les voilà partis à vivre une 2e existence au soleil, par delà la Méditerranée. Le Maroc comme terre d'accueil !

En voyant les épaves roulant là-bas, il m'avait semblé m'être approché du cimetière de voitures, comme d'autres de celui des éléphants...
Quel naïf : je n'y étais pas du tout ! c'est qu'une fois usées là-bas jusqu'à la moelle... alors que l'unité kilométrique est devenue la centaine de milliers, prête à être désossée pensons-nous : elles sont tout juste parées à s'en aller vivre une 3e vie, par delà le Sahara cette fois : Et les voilà ainsi chez nous au Mali !

Si vous voyiez les engins qui roulent parfois par ici ! Oui, on est bien dans un lieu mystérieux où les marabouts ont un pouvoir à peine envisageable en Occident... pas besoin d'apercevoir un djinn, les forces magiques et mystérieuses se dévoilent en voyant ces tas de tôles rouillées encore capable de rouler ! D'autant qu'on ne les ménages pas, attendris par les marques du temps... les voitures finissent ici sur les chapeaux de roues !

taxi_brousse

Il y a 2 semaines j'ai ainsi croisé avec émotion l'un des bus qui roulaient dans mon bled natal de région parisienne il y à bien 25 ans. De la gamme des vieux vieux, ceux dont j'avais même oublié les lignes, survivant des tréfonds de ma mémoire, là, devant mes yeux, et qui portait encore le nom du terminus !

Autre souvenir inoubliable : le taxi qui était allé, en Février dernier, chercher mon frère à l'aéroport.. l'habitacle, trop bas, touchait et raclait la roue. Le taximan avait bien essayé de rouler à cheval sur le bas coté pour éviter que ça ne frotte, mais l'odeur de caoutchouc commençait à se faire sentir. Qu'à cela ne tienne : ni une, ni deux, il s'est arrêté et a tordu la tôle de sa voiture à coup de marteau !
Celle-ci devait commencer à voir le bout de sa 3e vie...

Dernière vision d'émotion, cette épave qui a du finir en transport de marchandise... et dont l'histoire depuis sa sortie d'usine doit être un sacré conte ! Elle a du en voir défiler des paysages, elle doit pouvoir en raconter bien des histoires !
Allez savoir comment ce camion de cirque a-t-il pu traverser toutes ses contrées pour venir finir de rouiller sous la chaleur bamakoise ?

cirque

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06 décembre 2008

Place à l'harmattan

Il y a, pour faire court, 3 saisons au Mali.

Je dis "pour faire court" parce qu'on pourrait ajouter de petits épisodes climatiques comme la petite saison chaude d'octobre, et parce que le Mali est un grand pays, sous diverses influences climatiques (saharienne, sahélienne et soudanaise). Il pleut ainsi dans la région de Sikasso (SE du Mali) autant que dans tous le reste du pays : un climat bien différent que celui de Tombouctou et de toute la région nord désertique.

3 saisons principales donc :
- Une saison chaude et sèche, de mars à juin environ (avec un pic de chaleur aux environ d'avril),
- la saison des pluies (l'hivernage) de juin à Septembre
- et une saison froide, d'octobre à février (avec un pic de fraicheur vers Décembre) .

Nous sommes en ce moment dans la saison fraiche... plus précisément, nous y sommes entrés en son cœur jeudi... et pour l'être encore davantage : dans la nuit de mercredi à jeudi !
Drôle d'apparition, alors que nous avions perdu l'habitude de nous demander le temps qu'il ferait et comment il faudrait s'habiller : légèrement de toute façon, le ciel serait bleu et les températures bien au-delà de la trentaine.
Quel ne fut donc pas notre surprise jeudi matin, en nous réveillant blottis dans les draps, et en croisant des maliens emmitouflés dans des doudounes, voir calfeutrés dans des cagoules : l'harmattan était arrivé !

Bon, évidemment, pour ceux qui me lirait d'ailleurs qu'au Mali, ce froid est tout relatif... c'est qu'à l'heure où je vous parle, il fait 16°C !
Cependant même s'il est relatif, il est bien froid pour autant. Combien de mort en France lorsque s'y trouve des températures caniculaires avoisinant celles de la saison chaude ici (mais combien de mort ici également ?)... selon l'IRD, l'arrivée de ce vent serait responsable de l'épidémie de méningite qui frappe l'Afrique de l'ouest chaque année, affectant 25 000 à 20 000 personnes (principalement les jeunes enfants).

Le Mali transformé par le froid, mais pas seulement...

AtmosphCirc2_fr

l'harmattan est un vent de la famille des alizés, ces vents intertropicaux déviés par la force de Coriolis et qui soufflent du nord-est au sud-ouest dans l'hémisphère nord (ce sont les petites flèches bleus).

L'harmattan provient quant à lui du Sahara... il véhicule alors une quantité de poussière phénoménale.

Jeudi matin, nous nous sommes réveillés dans le froid donc, mais également dans un nuage de poussière pour le moins impressionnant !

harmattan_1

On se serait cru dans un brouillard de montagne, on ne voyait pas le bout de la latérite !
Je suis monté en haut de la colline du point G, d'où l'on a habituellement un beau point de vue sur la ville...

harmattan_2

On y distinguait plus que les premières rangés d'habitations, mais le reste de la ville semblait avoir été gommé : Une atmosphère grise, froide, la tête dans le brouillard... je connaissais la saison froide, cette année nous aurons un hiver !

Note : étonnant ! Au moment où le froid et le vent s'emparent de Bamako... les mêmes font main basse sur Pékin, nous raconte Camillenchine ! Un autre exemple de la ChinAfrique ?!

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13 octobre 2008

Une saison des pluies à n'en plus finir

Des nouvelles de Bamako, avant d'arriver à Kalabougou !

On peut en être à se parler du temps qu'il fait lorsqu'on n'a plus rien à se dire... où qu'on se sent en confiance, assez pour parler de tout, de rien, et en l'occurrence des va-et-vient du baromètre.
Avouez que ces variations, pas toujours facilement supportables sur place, sont tout de même plus agréables à évoquer que d'autres variations omniprésentes sur les ondes depuis 1 mois !
2 ans qu'on se cause maintenant... on peut bien se parler de la pluie et du beau temps ! D'autant qu'avec les sujets concernant la nourriture au Mali, les maladies qui y traînent, et ce qu'est le niveau de développement d'un pays qui est justement dit en voie de l'être... cela fait partie du top 5 des sujets d'interrogations que je retrouve à chacun de mes retours au bercail français.

Et bien figurez-vous donc que nous sommes encore en pleine saison des pluies !
En voilà une qui se sent bien, ça fait plaisir, et qui tarde à rentrer chez elle. Les années précédentes, les dernières averses étaient, à la même date, déjà tombées depuis belle lurette, et un ciel sans nuage avait déjà pris solidement ses marques pour une dizaine de mois.
Mais non, aujourd'hui, l'idée de déclencher des pluies en saupoudrant du sel est bien loin : il a plu hier, il a plu ce matin encore...

Mais remarquez qu'à part le désagrément de se retrouver sous l'eau en moto, nous ne sommes pas spécialement impatients de voir la saison des pluies s'en aller : elle est habituellement suivie de ce qu'on nomme "la petite saison chaude". Passage assez exténuant avant la fraîcheur de décembre...

Une pluie, au Mali, c'est vraiment typique.

Il y a tout d'abord un gros vent qui se met à souffler. Le ciel peut bien avoir le calme d'une mer d'huile, c'est un vent qui ne fait pas un pli (enfin...) : la pluie arrive !
En 2 minutes à peine, ce sont alors des trombes d'eau qui s'abattent. Cela dure 1 heure ou 2, guère plus.

Bon, il faut y être pour voir ça. Vous venez ?
Magie de la technologie, je vous y emmène ! Dorénavant doté d'une petite caméra, je commence à m'amuser bien que tous mes (vains) efforts soient encore concentrés sur le fait de ne pas trop trembler. Moi qui peine à m'allumer une cigarette sans me cramer les sourcils, ce n'est pas gagné !

Allez, nous voilà dans ma latérite.
Prévoyez du change sec : ça va flotter !

[c'est en musique : Cloud in the sky, d'Archive]

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07 juin 2008

Chantier naval de Nouh

Restons à flâner au milieu des constructeurs de pinasses,
Et laissons-nous porter par un flash-back qui nous ramène en Octobre, lorsque Salif nous avait emmené visiter

l'atelier de construction de Nouh

nouh_fabrication_pirogue_1

Nouh se trouve entre Ségou et Mopti. Il s'agit de l'un des principaux chantiers navals du pays. Celui qui, de loin, fabrique les meilleures pirogues, nous assure Salif : c'est justement ici qu'il est venu chercher son constructeur.

Au fait, vous avez aimé l'article que je vous conseillais la dernière fois ? Parce qu'auquel cas il faut lire la suite maintenant ! Un article qui vous en apprendra encore des tas sur la navigation fluviale dans le moyen Niger... et notamment que le nombre particulièrement important de constructeur originaire de Nouh "tient surtout à la remarquable dispersion des habitants de ce village, que l'on retrouve tout au long du fleuve".

planches_fabrication_pinasse_nouh

En arrivant à l'approche du village, on est donc accueilli par les tas de planches de bois de caïlcédrat, de vaine ou de karité, aux formes... frisant parfois la pièce de puzzle ! Ce sont des planches issues, depuis une dizaine d'années, des scieries de Bamako qui se sont développées (elles provenaient auparavant de Dioro où "les bucherons locaux abattaient les arbres de la région, les fendaient en deux et y taillaient 2 planches à la hache" !).


Il s'agit donc ici, comme à Mopti, de pirogues clouées... l'occasion d'assister à ce fameux assemblage de planches clouées avec les kouloumiemou (ces longs clous forgées à partir de canettes, de tôles, de portière de voiture : allez à la page du 2 juin 2008 pour en voir la fabrication).

nouh_fabrication_pirogue_2

Je ne vais pas vous raconter toutes les étapes de confections, mais on pourrait faire un jeu si vous êtes motivés !

nouh_fabrication_pinasse_3

Allez lire cet article sur la navigation fluviale dans le moyen Niger, au moins les pages 9 à 11.
Vous saurez alors tout sur la fabrication des pirogues (schéma à l'appui !). Et alors notre estime à tous, à celui qui repérera dans les photos d'aujourd'hui le kouloutomo, les wanias, les saoulous et les soropérés !

...

Bon ce sont les termes qui vous découragent ou vous ne trouvez pas le lot à la hauteur ?!
Allez, rien que sur celle ci, on voit le kouloutomo, le soropéré et un wania !

Ah puis tenez on voit aussi un déré !
Celui là je vous en dit un mot tout de suite : c'est l'outil à lame tranchante posé manche vers le haut au milieu du kiene (he he)... enfin au milieu de la pirogue : il faut voir les constructeur s'en servir pour tailler le bois !!

Pour finir, deux petites photos sur les planches clouées.
Le bois est pré-percé auparavant par un poinçon chauffé à blanc, le poleson, d'une série de trous  dans lesquels on enfonce les clous...
L'étanchéité est assurée grâce à un tissu trempé de beurre de karité (que l'on voit sur les photos). Une couche de beurre teinté de noire sera également appliquée à la fin de l'ouvrage. Bien qu'aujourd'hui le beurre soit de plus en plus remplacé par de l'huile de vidange...

nouh_clous_2

nouh_clous_1

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07 mai 2008

Et pendant ce temps...

... sur les bords du fleuve Niger


(vidéo de qualité plus que médiocre. Cliquez sur HQ pour améliorer un peu les images)

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03 avril 2008

Les bords du fleuve

Cette fois ci je vous embarque avec moi !
Faites votre nid sur la pinasse !

Chaque fois que vous passez près d'un village c'est le même petit air de fête qui se met à souffler : tous les enfants clament des "toubabou ça vaaaaa", "toubabou ça vaaaaaa"... d'une façon si mécanique que l'on se demande s'ils comprennent le sens exact de ces mots !
Que du bonheur que d'entendre ça !

Bien plus hélas, que les inévitables "toubabou donne moi le bidon, donne moi le cadeau, donne moi le biki" qui ne manquent pas...
(s'il vous plait, si vous tenez à venir au Mali les poches remplies de stylo... prenez au moins la peine de les donner à un professeur dans une école, et évitez de les écouler par poignées aux premiers enfants venus !! Si vous saviez l'impact que ça a !! m'enfin...)

Au fait, les toubabous... ce sont nous autres les blancs ! (un toubab, mais des toubabous : en bambara les pluriels se font en ajoutant un w final, se prononçant -ou-)

Quant aux fameux biki : en bambara on ne laisse pas 2 consonnes placées à la suite l'une de l'autre ni un mot se terminer par une consonne : on ajoute donc un i à la fin ou entre les trous !
Et c'est valable aussi pour nos prénoms européens : Impossible ici de prononcer Martine, se sera Maritini (que je salue au passage !), Géraldine sera Géralidini (hop, une deuxième bise), Virginie sera... euh, non, mauvais exemple (mais qui n'empêche pas la spéciale dédicace chilienne) !
C'est donc là un avantage précieux si vous voulez parler bambara et qu'un mot vous manque : prenez le mots français, ajoutez un i et vous voilà (presque) bilingue !

Bref, nous voici installés comme des coqs en pâte sur la pinasse de Salif.
Le Mali défile au rythme du Niger.
Et on ne compte plus les bonjours dis de la main : ceux-là sont compris par tous !

(C'est un essai de vidéo avec mon appareil photo, la qualité est donc médiocre. Cliquez sur HQ pr augmenter un peu la résolution)


Voyez le niveau du fleuve en Février : lorsque je suis passé par là en Octobre, l'eau atteignait le haut de la berge !!
Et voyez aussi l'importance de l'érosion ! Chaque fois que l'on passe près d'un village en banco construit sur le bord du fleuve, c'est le même spectacle : la berge recule et on observe ainsi tout un front de maisons scalpées !!

Posté par Alexandre Magot à 17:43 - Au Mali - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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29 mars 2008

Les peuls

Toujours dans notre tour d'horizon des gens du fleuve, après les bozos, quelques mots sur les peuls.
Si les bozos sont les pêcheurs, les peuls, ethnie semi-nomade également, sont les éleveurs.

village_peul_bord_niger

case_peul_bord_niger

Leurs villages temporaires ressemblent beaucoup à ceux des bozos : là encore il s'agit d'un regroupement de quelques cases de secco (pailles tréssées).

Mais chez les peuls la forme caractéristique est cette fois semi-sphérique et non cubique...

(ci-dessous, village peul à l'entrée/sortie de Mopti. Le long de la route Mopti-Sévaré)

peul_mopti_640x480

Les peuls sont pour certains sédentarisés, notamment depuis que cette sédentarisation fut imposée par Sékou Amadou lors de la réorganisation de l’empire peul du Macina (qui fera l’objet du prochain post… il vous faudra revenir dans quelques jours !).
Ce sont ainsi bâtis des villages comme celui de Sénossa, à 4 km de Djenné : minuscule village centré autour d’une mosquée d’une rare splendeur !

mosquee_senossa

vieux_peul_senossa

On y a croisé un certain nombre de ptits vieux portant la sagesse sur leur visage, entre leurs rides et sous leur chapeau de paille et de cuir...

(photo ci-dessous : le chapeau peul. Cliquez dessus - comme toutes les photos de ce blog- pour l'agrandir)
chapeau_peul

On y a aussi croisé des ptites vieilles croulant sous les poids cumulés d'une vie à piler, nous demandant des médicaments contre le "mal partout", lequel ne les empêchaient pas d'ailleurs de garder un sourire plus que moqueur en s'amusant de toucher nos "mains toutes molles !"

Ca, c'est pour la série des vrais grands moments de petites rencontres...

Parce que Senossa fut également pour nous l'occasion d'un pur moment de tourisme et de ses conséquences.

femme_peul

Tout juste arrivés dans une concession où 3 femmes étaient affairées à trier je ne sais quoi dans une calebasse, dans un mouvement qui tient du réflexe, l'une d'elle s'est levée et est revenue 2 minutes plus tard vêtue des boucles d'oreilles traditionnelles et de la tenue des grands jours.
Et la voilà se tenant immobile devant nous, sans un mot ni la moindre expression, qu'un sourire figé pour la pose.
Devant notre gêne visible et notre absence de réaction, Afourou, notre guide aux allures de gangsta-rappeurs américain, insiste : "il faut prendre la photo !".

Autant de chaleur, d'échanges et d'authenticité qu'avec une prostitué,
mais c'est la figure locale :
sa photo, nous dit-on, figure sur le guide du petit futé !

Posté par Alexandre Magot à 16:06 - Au Mali - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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26 mars 2008

Les bozos

Continuons sur le Niger...
pour un deuxième séjour, toujours aussi splendide, avec Salif.
L'occasion cette fois de s'attarder un peu sur les bozos... présence incontournable sur le fleuve.

Les bozos sont une ethnie de pêcheurs, de confession musulmane (mais d'origine et encore de tradition animiste) estimée en 2000 à 132 000 personnes presque tous situés au Mali.

On croise leurs pirogues affutées comme des traits de calligraphie...

bozo1

Ce sont des semi-nomades : selon la disponibilité du poisson, le niveau de l'eau, ils se fixent à une ou quelques familles sur les bords du fleuve, puis repartent ailleurs.

bozo2

On croise ainsi un grand nombre de villages dont les maisons cubiques (la forme les distingue des villages peuls dont je vous parlerai la prochaine fois) sont faites de pans de pailles tressées.

bozo3

Et l'on croise des embarcations chargées de la famille et de toute la marmaille, en route pour des rives meilleures.

bozo4

La technique de pêche des bozos, outre le classique filet posé le soir, est celui du lancé de filet-épervier.
Il s'agit d'un filet de forme conique plombé sur les cotés. Les pêcheurs le ramassent sur le bras et le lancent d'un coup d'un seul, dans un geste d'une parfaite maîtrise : Le filet s'envole alors en se déployant...

C'est une occupation parfaite pour occuper 3 jours de pinasse ! Mieux que le jeu des plaques d'immatriculations sur la route, ce coup-ci il s'agit de réussir à capter le lancer en plein vol !

Un peu de chance, mais surtout beaucoup de patience !

pecheur_bozo

Edito : à voir, la vidéo du lancé de filet épervier dans le post du 09/03/09

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