Le dit du Magot - Blog d'un français au Mali

Journal de Bamako : le blog d'un français au Mali ! Partagez les impressions & découvertes soulevées par mes premiers pas foulés en terre africaine...

29 juin 2009

Arthur, illustrateur à la gare de Dakar

Décidément, cette gare regorge de trésor !

Le bâtiment d'architecture coloniale mis en service en 1914 (voir post du 07/07/08) vaut déjà le détour...
Le marché malien attenant (voir post du 31/03/09), véritable petit concentré d'atmosphères maliennes où l'on vend basin, karité et wusulan et où l'on parle bambara à tous les étalages vaut lui aussi le déplacement...

Ce coup-ci je suis entré (oui, allez savoir pourquoi je ne l'avais pas fait lors de mes 2 précédents passages ?), et j'ai traîné entre les trains.
Je suis de ceux pour qui Dakar résonne comme un voyage en soi. De ceux aussi que les trains font rêver.
Alors les trains de Dakar !

dakar_trains

Et à l'intérieur de l'un d'eux... un qui ne voyage plus depuis un bail, un qui, plus encore qu'un voyage, évoque les souvenirs de voyages...
je suis tombé sur Arthur.

arthur_1

Arthur est un Sénégalais d'origine guinéenne qui s'est installé il y a 2 ans dans ce wagon de la pakistan railways, et qui, depuis, dessine, et dessine, et dessine encore.

arthur_2

Je ne pourrais pas dire précisément ce qui m'a touché en le voyant. Je l'ai aperçu sur le quai, en passant à hauteur de son wagon. Je me suis approché, lui ai adressé la parole (il n'avait absolument pas prêté attention à moi). Je lui ai finalement demandé si je pouvais monter à bord et m'asseoir pour qu'il me présente son travail.

Tous le temps que j'ai passé avec lui, il n'a pas quitté cet étrange regard où se mêlent incrédulité, honnêteté, solitude aussi... Comme si je venais de l'extirper de son monde intérieur, et qu'il ne saisissait pas encore bien ce qui se passait.

arthur_3

Qu'importe qu'il ait du génie ou non. Ce type, fou de dessin et de solitude, au milieu de piles et de piles de papiers de toutes sortes, baigne dans son propre monde qui a largement envahi l'espace du wagon.
Mon chemin croisant le sien, nos 2 histoires, tellement différentes, venaient à se rencontrer. Il faut aller par-delà l'appréhension qui accompagne l'inconnu, la différence et monter à bord rencontrer ce type débordé par son univers.
Un personnage de cinéma.

arthur_5

Il a mon adresse, pour peut-être, un jour, peut-on savoir...
Au moment où j'écris, il est à l'autre bout des rails reliant nos 2 villes.
Entre lui et moi, il y a bien plus long qu'un chemin de fer,
mais cette rencontre est venue me le crier à l'oreille :

Qui que l'on soit,
et quelle que soit la distance nous séparant,
Il y a entre deux personnes bien moins qu'une frontière.

Et elle disparaît à mesure que l'on s'en approche.

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Posté par Alexandre Magot à 08:22 - Ailleurs : au Sénégal - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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18 mai 2009

Courts-métrages : 4 métiers du Mali

Cette année, un groupe d'élèves de 3e du Lycée Français de Bamako a suivi une formation à l'audiovisuel. A l'issue de ces cours théoriques sur la prise de son, la réalisation, etc., les 4 groupes de 6 élèves ont réalisé chacun un court métrage de 3 min environ sur un métier du Mali.
Ils ont ainsi participé au concours "je filme le métier qui me plait" organisé par leCanaldesMetiers.tv

Capture02

4 petits documentaires donc, à travers 4 séries de portraits, sur des métiers bien typiques d'ici et que l'on croise presque tous les jours...
(Mais il semble que 3 seulement ne soient accessibles pour le moment : je vous tiens au courant dès que c'est réparé !).

wotorotigi_1Il y a d'abord le portrait de Sékou, qui fait le métier de wotorotigi (wotoro voulant dire "charrette" en bambara, et tigi "celui qui a").
Il transporte ainsi, à longueur de journée, toutes sortes de marchandises sur sa charrette de fortune.

wotorotigi2

Il y a aussi le portrait de Batouma et Nana Diakoira, et de Thimye Sommare, teinturières.

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Un métier féminin, omniprésent dans les latérites de Bamako, et dont les splendides basins teints offrent un défilé permanent de boubous dans les rues de la ville ! Elles nous présentent ici quelques-unes des étapes permettant de teindre ces tissus.

teinturiere_1 teinturiere_2

piroguier_2

Et enfin le documentaire sur les métiers liés au fleuve Niger, où l'on croise un pêcheur bozo qui nous offre une splendide démonstration de lancer de filet épervier !
Ainsi que Moussa Doumbia, fabricant de pirogue.

dswg

Ce dernier petit film fait partie de la sélection retenue pour la finale qui aura lieu le 26 mai prochain, et qui décernera un prix aux meilleures réalisations : alors votez pour lui, en lui accordant 5 étoiles sur 5 !

3 courts-métrages
pour un petit tour d'horizon d'une qualité renversante !
tirons-leur notre chapeau
mais surtout et avant tout :
votons pour eux !

Note : les photos illustrant ce post sont issues des courts métrages

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02 décembre 2008

Samedi soir, avec Manjul

Comme on dit ici, samedi soir, c'était ambiancé au Studio BlonBa !
Manjul y avait rameuté ses troupes, des dreads plein la tête, des locks jusque dans la barbe même...

Et j'aime autant vous dire que si l'atmosphère y était enfumée, ça n'était pourtant ni la profusion d'encens d'un temple chinois, ni les volutes de cigare d'une arrière salle de Chicago au temps de la prohibition... ni bouddhiste, ni joueur de poker : c'était reggae !

La soirée était orchestrée par Manjul, une figure locale dont j'avais déjà promis de vous parler !
Nous y voilà donc...

manjul

C'est qu'il y a à Bamako une vraie petite communauté rasta. Leur base de repli se situe au village de Lassa, sur une des collines ouest entourant la capitale.
Et parmi eux, 2 se font remarquer plus que les autres :

tiken_jah2L'incontournable bien sur, Tiken Jah Fakoli... Impossible de ne pas le connaître au Mali, c'est LA star.
Depuis 2003, menacé de mort en Côte d'Ivoire, il vit à Bamako et il n'est pas rare de le croiser à bord de sa coccinelle repeinte aux couleurs africaines.
Bon, cela dit, les textes (particulièrement virulents et engagés, notamment contre la FrançAfrique) de Tiken Jah ne sont pas des joyaux de littérature et d'argumentation mesurée...

L'autre figure, bien plus à mon gout, c'est donc le rasta toubab, venu de l'ile de la Réunion : Manjul !
Lui fait plutôt dans la dub, une version beaucoup plus instrumentale du Reggae... Si vous suivez bien, et si vous vous en souvenez, Manjul a signé la bande originale du court métrage particulièrement décalé : Guerrier manding, dans lequel il joue. Je vous en avait parlé il y a un peu plus d'1 an.

faso_kanou
Après ça, si ça vous plait, je vous encourage à écouter son excellent Faso Kanou, un opus de sa série "dub to Mali", dans lequel il mêle les sonorités dub-roots et maliennes (la flûte peul y est tout à sa place !).

Samedi, il était venu nous présenter son poulain, déniché en Guinée : Takana Zion.
Je n'y connais rien, mais une chose est certaine : ce type avait une de ces présences !

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C'était donc du pur reggae, par des rastas vrais de vrais !
Les fantômes d'Haile Sélassié, de Bob Marley planaient au milieu des tranquilles vapeurs... Samedi soir le Mali se situait plus encore que d'habitude entre la Jamaïque et l'Éthiopie !

Et, peut-être ne le sont-ils pas tous... mais il me semblait être entouré de Bisounours.
Ça faisait plaisir parce que finalement, c'est toujours bon à entendre, même dit si naïvement,

mais quand même...
je ne sais pas ce que vous en pensez...
mais notre Manjul a été clair là-dessus :
la guerre...
ben c'est pas bien !
ça non !

Au fait, le BlonBa est une salle de spectacle qui a été inauguré l'an passé à Faladié (non loin de la tour de l'Afrique pour ceux qui situe).

blonba_2

C'est de loin la meilleure salle de concert de Bamako, très bonne salle de théâtre également : elle est tenue par la compagnie BlonBa dont j'ai pu voir l'excellente pièce "koteba des quartiers" en février dernier. Leur pièce précédente "Bougouniéré invite à dîner" avait fait l'unanimité... et le tour du monde.

note : les photos ont été prises ici, ici, et

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05 février 2008

The Future of Mud

Hier au CCF a eut lieu une projection-conférence sur la préservation du patrimoine de Djenné, et plus généralement de l'architecture en terre crue soudanaise.

Une soirée produite dans le cadre de Terra 2008, la 10e édition de la conférence internationale sur l'étude et la conservation du patrimoine bâti en terre, organisée par l'Institut Getty de conservation et le Ministère de la Culture du Mali, en collaboration avec (entre autres) CRATerre et son programme Africa 2009, et qui s'est tenu du 1er au 5 Février ici, à Bamako.

L'occasion dans un premier temps de découvrir le travail de Djenné-Patrimoine, une association basée à Djenné qui a pour but de préserver le patrimoine de Djenné et sa région.

futureofmud

Puis de se régaler de la projection d'un film splendide :


The Future of Mud : a Tale of Houses and Lives in Djenne


un documentaire de 58 minutes réalisé l'an passé par Susan Vogel : Un film extrêmement intéressant, touchant, et qui présente des images -notamment la journée du crépissage de la mosquée- particulièrement fortes !

En voici la bande-annonce (3min30) :

Une soirée dédiée à l'architecture soudanaise et sa préservation donc, où de nombreux problèmes ont pu être posés et développés sous leurs différents aspects, à savoir principalement : comment accorder la préservation d'un patrimoine tel que celui ci sans pour autant l'enfermer sous globe.
Djenné patrimoine défend l'idée de créer des zones de conservation : une première, restreinte, où on ne doit toucher à rien. Une seconde où l'on peut seulement revoir les espaces intérieurs, une troisième où le plan d'occupation des sols seul doit être préservé tout en respectant autant que possible les codes architecturaux.

Mais Djenné est une ville, et non un musée. L'architecture est une symbiose entre des techniques, des espaces et des vies... or ces dernières évoluent et malgré tout l'architecture de Djenné doit en tenir compte.

Cruel dilemme donc...

Enfin, la conservation des techniques de fabrication semble également être au coeur du problème, car outre le fait que le ciment, les briques etc remplacent inexorablement les constructions en banco, la technique même du banco -particulière à Djenné- est en perdition totale !
A Djenné, les briques de terre crue sont traditionnellement de forme cylindrique et d'une composition spécifique (les Djenne ferrey). Or dorénavant, celles-ci sont remplacées (dans les nouvelles constructions en banco, mais également lors des restaurations) par des briques de terre crue moulées dans un cadre de bois : les "toubabou ferrey" (apparue avec la colonisation... les "toubabous", ce sont "les blancs" !).

Bref, une soirée très riche sur Djenné que j'irai découvrir dans un mois et dont je vous reparlerai surement très bientôt !

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29 septembre 2007

Guerrier Manding !

Une perle !
Je viens de m'en régaler en projection extérieure au CCF, ambiance assurée... et je me fais un plaisir de vous le faire partager !
Attention, m'sieurs dames !
C'est à s'en lécher les babines :
Voici...

... GUERRIER MANDING !!

Ce film est un petit ovni d'un quart d'heure réalisé par Toumani Sangaré, du collectif Kourtrajmé-Africa (qui vient de sortir un dvd réunissant une trentaine de leurs courts).
Un western complètement jeté, aux arômes de kung fu version pays manding !! Oui, tout est possible ici !
et pour cerise sur le gâteau : Manjul, roi de la dub malienne (je vous en reparlerai au prochain numéro) signe la BO.

Du grand spectacle !!

Partie 1 :

& Partie 2 :

Alors Big up les amis !

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18 avril 2007

Bélo !

belofotoHier soir au CCF, nous sommes allés découvrir Bélo...

Auteur, compositeur et chanteur haïtien, c'est le vainqueur du prix des découvertes RFI musique du monde 2006.
Il inaugurait à Bamako sa tournée en Afrique de l'Ouest...

et j'aime autant vous dire que c'était une sacrée découverte !

Difficile de rester assis sur nos chaises face à son reggae-soul aux accents haïtiens...  toutes résistances étaient vaines !

Et le personnage est tellement sympathique.

Hier soir, flottait donc un peu d'Haïti dans l'air bamakois. Un Haïti comme on l'aime et voudrait la voir, et surtout comme Pierre & Gae, pour y avoir vécu, l'ont dans les veines.

Un seul mot d'ordre : si vous croisez son chemin, faites le détour.
Sinon, son album "lakou trankil" devrait pouvoir faire plus que l'affaire !

Crédit photo : haitipressnetwork.com

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12 décembre 2006

Verre cassé

verre_cass_J'ai fini de lire Verre Cassé d'Alain Mabanckou...

C'est le récent prix Renaudot pour mémoires de porc-épic, venu au lycée faire une intervention qui, au dire des collègues, était particulièrement intéressante, intelligente, vivante et adaptée aux élèves...

J'avais eu des échos très divers de ce livre,
pour ma part, ça m'a beaucoup plu !

L'histoire...

"Disons que le patron du bar Le Crédit a voyagé m'a remis un cahier que je dois remplir"

Verre cassé, brisé par la vie et s'imbibant comme d'autres dans ce bar crasseux de Brazzaville, se voit ainsi confier une mission par le propriétaire, Escargot entêté, celle d'écrire l'histoire de toutes ces âmes broyées qui font ce bar.

"J'ai voulu savoir pourquoi il tenait tant à ce cahier, il a répondu qu'il ne voulait pas que Le Crédit a voyagé disparaisse un jour comme ça, il a ajouté que les gens de ce pays n'avaient pas le sens de la conservation de la mémoire, que l'époque des histoires que racontait la grand-mère grabataire était finie, que l'heure était désormais a l'écrit parceque ce qui reste, la parole c'est de la fumée noire, du pipi de chat sauvage, le patron du Crédit a voyagé n'aime pas les formules toutes faites du genre "en Afrique quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle", et lorsqu'il entend ce cliché bien développé, il est plus que vexé et lance aussitôt "ça dépend du vieillard, arrêtez donc vos conneries, je n'ai confiance qu'en ce qui est écrit", ainsi c'est un peu pour lui faire plaisir que je griffonne de temps à autre sans vraiment être sûr de ce que je raconte ici"

Et s'enchaîne alors toute une succession de portraits de marginaux désespérés, scabreux, attachants, drôles... toute une faune gorgée des vins de la Sovinco (Société des Vins du Congo)

"quand il lira tout ça je ne serai plus client de son bar, j'irai traîner mon corps squelettique ailleurs, je lui aurai remis le document à la dérobée en lui disant "mission terminée""

Le livre est écrit comme le souffle de quelqu'un qui n'en a plus qu'une poignée, un flot de parole, écrit sans le moindre point -seulement des virgules- qu'on attrape à la source et qu'on avale cul-sec.
On ne reprend sa respiration qu'après s'être laissé embarquer dans tous ces récits de griots relatant les vies de ces étranges personnages...

Par ailleurs, jeux sympathique entre l'auteur et le lecteur, le livre est truffé de références littéraires. Des tas de titre de bouquins viennent s'immiscer comme autant de clins d'œil dans le monologue...
Bon, pour être honnête, le fait que les 9/10e des références m'échappent m'évite je pense une lecture un peu trop artificielle et pompeuse...verre_casse_affiche

Bref, tout ça pour dire que Verre Cassé,
d'Alain Mabanckou,
publié aux éditions du point...
... je vous le conseille !

Note : pour ceux qui le peuvent, une adaptation de Verre Cassé se joue en ce moment et jusqu'au 30 Décembre au théâtre de poche de Bruxelle.

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23 novembre 2006

Un samedi en compagnie de Toumani

toumani_DiabateSamedi soir, nous sommes allé voir Toumani Diabaté, grand maitre parmi les maitres de la kora, au patio du CCF...

La kora est une harpe-luth à 21 cordes dont la caisse est formée d'une calebasse recouverte d'une peau de vache.
Figurez vous que Toumani Diabaté lui-même (!) est lié à l'origine de cet instrument par une vieille
légende (une parmi d'autres)  colportée par les griots.
Il y est ainsi rapporté que la toute première kora aurait été découverte par un général du roi de l'empire Mandingue parti à la recherche d'une jeune femme issue d'une ethnie montagnarde de Guinée, que des voyants lui avait conseillée pour se marier.
Lorsqu'enfin il l'a trouva, assise devant une grotte, la fille disparue. Il jeta aussitôt un filet...
Mais c'est une kora qu'il récupéra.

Le général déçu l'offrit alors à son griot : Djélimady Oulé Diabaté, dont Toumani est un descendant de la 71e génération...

J'avais déjà tenté de le voir une première fois peu de temps après mon arrivée au Mali, alors que je dormais encore à  au gîte Seguere (que je ne peux que recommander : un gîte très familial, exactement ce dont j'avais besoin pour mon arrivée, alors que je posais pour la première fois les pieds au Mali (et en Afrique occidentale !) avec pour seul repère et compagnon mon bagage de 30kg).
Ayant lu dans un guide qu'il s'y produisait tous les vendredis soir au Hogon, un maquis (bar dans lequel on peut écouter de la musique et siroter quelques bières)... j'y étais donc allé.

Seulement ce jour là il n'y avait absolument personne...

Deuxième tentative donc samedi soir :
On nous avait pourtant prévenu qu'il avait pour habitude de ne rejoindre ses musiciens que bien après s'être fait longuement désirer.
Et bien, il aura été à la hauteur de son retard légendaire : concert prévu pour 21h... le gaillard s'est pointé à 23h30 !
Mohammed, le patron du patio était fou de rage, et nous de fatigue !

Comme dit le proverbe ici (ou un auteur dont je ne connais pas le nom): "les blancs ont la montre, mais nous, nous avons le temps" !
Vous me rappellerez qu'il me faudra apprendre, en plus du bambara, les rudiments de la patience...

Et c'était finalement assez décevant : Toumani Diabaté ne faisait qu'accompagner ses musiciens sans grande motivation et le son était agressif.
Nous avions pris beaucoup plus de plaisir à écouter le joueur de kora qui accompagnait Dee Dee Bridgewater dans ce même lieu
quelques semaines auparavant !

Boulevard_de_l_independanceEnfin, pour autant, on continuera de se régaler en écoutant Boulevard de l'indépendance, dernier album en date avec son symmetric In_the_heart_of_the_moonorchestra...

... et le splendissime In the heart of the moon, en duo avec Ali Farka Touré !

(Il est possible d'écouter des extraits - mais d'une qualité très médiocre et d'une durée très courte - sur les liens).

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20 novembre 2006

Etonnants voyageurs

Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,

Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.
 

Dites, qu'avez-vous vu ? 

(Baudelaire, extrait de Le voyage, Les fleurs du Mal)

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Aujourd'hui commence, et pour une semaine, le Festival Étonnants voyageurs, festival international du Livre de Bamako.
Ce festival
est né à Saint-Malo en 1990 à l'initiative de Michel Le Bris, qui dirige la collection "Petites bibliothèque Payot/voyageurs" ... et comme il se doit, il s'en est allé essaimer de part le monde : Sarajevo, Missoula (Montana), Dublin, Port au Prince (le dernier né)... et Bamako depuis 2005 !

C'est aujourd'hui un rendez vous incontournable de la littérature africaine.

Je regrette cruellement de ne pouvoir aller à certaines conférences de la thématique "ethnologues voyageurs" animées au CCF puisque la plus part ont lieux en pleine journée.

Je vais ainsi essayer de ne pas trop penser à la journée de jeudi consacrée à Marcel Griaule...

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... Fascinant ethnologue français des années 30, qui a percé bien des secrets de la culture et de la cosmogonie dogon (notamment à travers Dieux d'eau
-que l'on peut lire en intégralité sur ce lien- un ouvrage d'entretien avec Agotemmêli, un vieux chasseur dogon qui a accepté de révéler à Marcel Griaule la pensée dogon et son mythe fondateur !).

Griaule_dogon
C'est grâce encore aux travaux de Griaule qu'on a également pu établir le schéma de la cérémonie du Sigui : extraordinaire rituel itinérant de 7 ans qui n'a lieu qu'une fois tous les 60 ans (rendez vous en 2027 !).

C'est enfin un personnage particulièrement important quant au devenir des habitants de la falaise de Bandiagara puisqu'il a participé au développement de la culture d'oignons, une de leurs principales ressources aujourd'hui.
Lors de sa mort il a bénéficié de funérailles selon les rites dogons...

Bref, croyez le bien... je suis déçu !!

Je ne pourrais d'ailleurs pas assister non plus à la venue au Lycée d'Alain Mabanckou, l'auteur de Mémoires de porc-epic, prix Renaudot cette année, et qui vient se présenter et discuter avec nos élèves de 3e... Je n'ai rien lu de lui mais ai pu l'apercevoir sur TV5 parler de son roman qui avait l'air particulièrement intéressant sur le fond comme sur la forme de l'écriture...

Mais bon, je ne m'avoue pas abattu pour autant : je me rattraperai avec la projection ce week end d'un film de Jean Rouch, ethnologue de la trempe de Marcel Griaule qui, accompagnée de Germaine Dieterlen, a pu filmer la dernière cérémonie du Sigui !
Et la rencontre organisée jeudi matin avec les 2nd de Moussa konaté, co-directeur du festival de Bamako et auteur de l'empreinte du Renard
devrait parfaire ma bonne humeur !

C'est donc partie pour une cession de découverte de la littérature africaine dont je ne connais rien de rien :
Père Nouil tu es prévenu, ma liste risque de s'allonger cette semaine !

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09 novembre 2006

petits fours et chocolats ?

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Ouaip m'sieurs dames !
Ce soir, j'm'en allons tester les ptits fours des services de l'Ambassade !
Zou !
Nous voilà invité, mes collègues et moi, à une chtite reception dans la chtite résidence personnelle de Môssieur le
chef du Service de Coopération et d'Action Culturelle (le SCAC quoi)...

Dites, vous croyez qu'on va se zieuter un dividi ?
Vous croyez qu'il me faudra retourner l'invitation (allez, petite bouffe chez moi samedi prochain m'sieur le chef ? J'ai pas d'piscine mais prenez vot' maillot, on ira dans celle des voisins !)

afficheA propos de dividi d'ailleurs, j'en ai vu un hier : "affreux, sales et méchants" d'Etorre Scola. Le titre lui va à merveille : rien à dire, c'est un film affreux, sales et méchants ! L'histoire d'une famille dans les profondeurs de l'Italie des bidonvilles. La misère sociale, la puanteur des sentiments réduits à ce qu'ils ont de moins humains.
Mais comme le dit Iside à Nino (venant de se faire empoisonner à la mort aux rats par femme et enfants) : "ils ne sont pas si méchants, juste un peu sauvages"...
On pense à Pasolini (dont il devait écrire et jouer une préface).
Un film génial !

rocher4Mais revenons en au sujet du moment...
Il y a évidement là quelques réflexes conditionnés qui nous font irrémédiablement penser aux montagnes de
Ferrero Rocher. De ces mêmes réflexes qui m'ont fait entendre chanter "le dimaaaanche à Bamakooooo..." chaque fois que j'annonçais la nouvelle de mon imminent départ !

(je vous la met par pure vengeance !)

Et je peux le dire maintenant, oui... le dimanche à Bamako est effectivement jour de mariage !

Alors quid des boules de chocolat ?

Parce que si non, c'est tout un des repères de ma jeunesse sur les institutions françaises à l'étranger qui risquent de s'effondrer...
Et déjà que, comme tout un chacun, il m'a fallu passer par le fait que le Pir Nouil n'était pas d'ce monde (nouvelle compensée je l'admet par l'annonce concomitante de l'absence de père fouettard...),
Que la ptite souris a probablement rendu l'âme il y a bien longtemps...
Qu'en grandissant, quand bien même je prendrai soupe et épinards en perfusion, je ne ferai pas 1m90 de muscles...
Que cosmonaute, c'est bien... mais prof c'est mieux.

Bref, môssieur le chef du SCAC, je compte sur vous !  C'est pas tant pour le chocolat... mais c'est pour notre équilibre à tous quoi. Le mien en tout cas...
Et pas d'excuses à la "ouiiiii... mais au Mali il fait chauuuuud.... ça aurait pu fooooonnndre".
Nafout !
J'veux en avoir plein les doigts, m'en barbouiller plein la goule.
Mais j'veux mes chocolats.
Je veuuuuux mes choucoulaaaaaats.

Na !

Posté par Alexandre Magot à 13:49 - A Bamako - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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