13 novembre 2009
Le moineau du Cap-Vert
L'isolement géographique insulaire favorise l'apparition de nouvelles espèces. Le génial Darwin l'avait bien remarqué, puisque c'est notamment en observant les différentes espèces de pinsons (en réalité des géospizes) des îles Galapagos qu'il comprit le mécanisme de l'évolution (voir ici).
Les îles du Cap-Vert ne font pas exception, et présentent, elles aussi, leurs espèces endémiques.
On préférerait peut-être s'attendre à y trouver une version de girafe à petit cou, un lion à la crinière rasta, ou encore une luciole qui, la nuit venue, non seulement brillerait façon stroboscope, mais jouerait aussi les DJ...
On pourrait s'attendre également à devoir marcher des jours et des jours et des jours, buvant la sève des arbres et se nourrissant de ses semelles de chaussures pour, peut-être, avec de la chance, entrapercevoir l'un de ces spécimens...
Rien de tout ça : l'une des espèces endémiques du Cap-Vert n'est autre que la plus banale de toutes, le moineau du Cap-Vert (Passer iagoensis) !
La femelle se distingue principalement par un sourcil beige particulièrement marqué.
Le mâle, quant à lui, présente une calotte noire en haut du crâne que n'ont pas les autres espèces de moineaux.
A comparer donc, avec le moineau domestique (Passer domesticus) : le mâle a une calotte grise et la tête un peu plus terne de la femelle ne laisse pas autant apparaître le sourcil; et avec le moineau espagnol (Passer hipaniolensis), dont la calotte du mâle est brune et dont la femelle ressemble à celle du moineau domestique.
Rien de sensationnel, dira-t-on. Ce qui ne l'empêche pas d'arborer haut et fort ses couleurs !
(sur cette photo, le mâle est en parade nuptiale, les ailes pointées vers le bas).
21 juillet 2009
Les oiseaux du banc d'Arguin
Dommage, ça n'était pas la saison...
Le banc d'Arguin, du fait de son upwelling dont je vous parlais la dernière fois, est un des hauts lieux de l'ornithologie mondiale !
Chaque année, d'octobre à mars, s'y rendent en effet 2,3 millions d'oiseaux migrateurs, et, nous dit le site du PNBA, 30 à 40 000 individus y nichent !
Il n'y avait pas beaucoup d'oiseaux lors de mon passage, mais quand même un nombre impressionnant de martinets et d'hirondelles de plusieurs sortes, des grands cormorans et des pélicans aussi... et par dessus tout : des sternes caspiennes, tellement vives et élégantes.
J'ai toujours eu un faible pour les sternes : on les voit survoler l'eau la tête pliée, à guetter le poisson, et soudain foncer pour plonger d'un coup sec.
Les voici en colonie sur une sebkha, une zone désertique en légère dépression où s'infiltre l'eau de mer. C'est un piège terrible pour les conducteurs mal informés : les voitures s'y embourbent, et il est alors particulièrement difficile d'en sortir !
Pendant mes études, j'ai étudié en long, en large et en travers leur sédimentation particulière (évaporitique notamment) : je n'imaginais absolument pas ça ainsi. Il s'agit en fait d'une zone marron foncée qui se détache relativement peu du paysage...
Autre oiseau croisé et figure incontournable du banc d'Arguin : le flamand rose.
Visiblement, ils nichent ici régulièrement depuis 2005.
Ça n'était pas la saison donc... mais il y a pire !
09 juin 2009
Rollier d'Abyssinie
Ça me rappelle les journées entières passées, petit, avec mon père : paire de jumelles au cou, longue-vue à l'épaule, le Peterson sous le bras... J'étais alors paré pour des heures et des heures de quêtes et d'observations ornithologiques.
A tout cet équipement, il fallait ajouter la patience bien sûr : je me souviens ainsi d'un comptage de busards des roseaux avec un gars de la LPO, qui désespérait de mon rhume des foins faisant fuir, au rythme de mes éternuements, tout espoir de compter quoi que ce soit !
Petite pensée émue également pour une approche furtive, alors que je venais d'investir dans un appareil photo, le cœur battant la chamade pour ce qui allait être une de mes premières photos d'oiseau. Il semblait prendre la pose. C'était parfait. J'avançais en rampant, pour immortaliser l'image de ce splendide spécimen... en plastique.
Bon.
Quelques années plus tard, troquant les marais bretons pour les abords du fleuve Niger,
le Delachaux & Niestlé (guide des oiseaux de l'Afrique de l'Ouest) comme nouveau guide,
me revoici l'appareil photo en bandoulière !
En voici un, photographié il y a 2 semaines à Ségou qui n'aurait pas eu à pâlir devant Stravinski !
C'est un rollier d'Abyssinie (Coracias abyssinicus).
15 mai 2009
Enfin là, les éléphants du Gourma !
Si nous les avons finalement rencontrés assez rapidement au petit soir, à 10 minutes en voiture d'Inadiatafan... ils nous aura fallu en revanche nous armer de patience le lendemain matin, et les pister pendant plus de 3h pour les retrouver à une dizaine de km de là !
Les traces ne suffisaient plus, il fallait du flair... et demander aux peuls et aux campements touareg s'ils n'avaient pas croisé un troupeau : ça ne passe habituellement pas inaperçu !
Et donc, oui : nous les avons vus ces fameux éléphants du Gourma !
Pas seulement leurs traces, mais bien un groupe composé de mâles et de femelles avec leurs petits... et j'aime autant vous dire que ce n'est pas qu'impressionnant : ça fait même carrément peur !
Il faut dire que j'avais vu des éléphants en 2005 lors d'un voyage au Sri Lanka (pays où les éléphants sont omniprésents !). Les éléphants d'Asie (Elephas maximus) sont plus petit que ceux qui vivent en Afrique, avec des oreilles bien plus courtes, une extrémité de la trompe ne formant qu'un doigt préhensile (contre deux ici), les défenses sont absentes chez les femelles et la plupart des mâles et ils possèdent également 2 bosses sur le haut du crâne... La sous-espèce sri-lankaise (Elephas maximus maximus) présente en plus souvent une dépigmentation sur la face.
Et il était alors absolument, mais absolument hors de question de les approcher de trop près, ni de descendre du 4x4 ! Le guide était en permanence sur le qui-vive : on ne rigolait pas avec les éléphants... (je me souviens d'ailleurs d'un mâle solitaire (les plus agressifs) croisé sur le bord d'une route. Il nous avait été catégoriquement refusé de s'arrêter, tout juste avions-nous pu ralentir pour le voir...).
(Ci-dessous, mes photos prises au Sri-Lanka).
C'était la version sri-lankaise... dans la version malienne nous avons laissé la voiture, marché pendant une bonne heure pour aller les trouver à 20m à peine de nous, et se faire tirer par la manche par le pisteur peul, ne comprenant pas que les voir à cette distance nous suffisait amplement... Tout cela n'avait absolument rien, mais rien de rassurant !
Difficile donc dans ce cas de faire la part des choses entre la peur que la puissance de tels animaux inspire (ce sont les plus grands animaux terrestres !) et l'inconscience mêlée au fatalisme...
D'autant que le guide s'amusait de la panique des touristes qu'il avait accompagnés la veille lorsqu'un des éléphants a fait mine de charger !
Les éléphants ont un odorat particulièrement développé... ceux-là nous ont non seulement largement reniflés, mais nous voyaient et, s'aspergeant de poussière et battant des oreilles, affichaient ainsi clairement leur mécontentement...
Tout ira bien, inch'Allah !
Enfin, nous les avons vus ces éléphants ! Quelques-uns des 344 survivants des éléphants du Sahel.
Susan Canney explique dans ce dossier, que "l'aire de répartition des éléphants en Afrique de l'Ouest était autrefois en grande partie continue des forêts côtières jusqu'au Sahara. Aujourd'hui, les éléphants forment de petites populations, très fragmentées, isolés géographiquement dont plus de la moitié comptent moins de 100 individus. Les éléphants de la région du Gourma au Mali constituent une population restante remarquable qui représente 12% de l'ensemble des éléphants de l'Afrique de l'Ouest".
Toutes les populations sahéliennes ont été décimées lors de la grande période de braconnage des années 1980... Ceux-là doivent leur survie à la tolérance des populations locales, à l'isolement de la région et au fait que leurs petites défenses soient constituées d'ivoire de mauvaise qualité...
[Merci à l'ami Sylvain Ramuzat pour ces 4 photos !]
Des survivants donc, mais en sursis semble-t-il... puisque "la diminution de la pluviométrie, le développement de l'agriculture et des fermes à bétail, la sédentarisation des communautés humaines et les programmes de développement de l'eau, changent actuellement la relation entre les éléphants, les Hommes et l'écosystème sahélien. Les Hommes et les éléphants rivalisent de plus en plus pour les mêmes ressources" (source : dossier susmentionné).
Un vaste projet de conservation et de valorisation de la biodiversité du Gourma et des éléphants (PCVBGE) a donc été initié depuis 2005 par le gouvernement malien et financé par la banque mondiale...
Nous les avons donc vus, finalement, ces fameux éléphants. Et si Babar n'a pas montré sa trompe, crois-moi bambin, il ne devait pas être bien loin...
Ce petit film est dédié à Elyandre... je le poste avec une bise.
Musique : extrait de "ain't no sunshine when she's gone" de Bill Withers
14 mai 2009
et sous nos yeux ébahis, les éléphants !
Oh, regardez ! Ils sont là !
Chut, pas un bruit surtout...
Il y a même des petits !
Impressionnant, non ?!
(photo de Martine)
12 mai 2009
Sur la trace des éléphants du Gourma
Pour mon petit filleul, en France, j'habite au pays du roi Babar...
Bon,
j'avoue ne l'avoir jamais rencontré personnellement (j'étais pourtant pistonné : figurez-vous que la splendide écriture cursive des albums des années 50 (la seconde série) est celle de ma grand-tante ? arrière-cousine ? bref, la fille de la sœur de mon grand-père ! si, si ! Ça va chercher loin et il faut s'accrocher, mais on y arrive !).
Pas vu donc... Mais si je n'ai pas pu accéder à sa cour, j'ai bel et bien croisé quelques-uns de ses sujets :
Les éléphants du Gourma,
les derniers éléphants du Sahel !
Remarquez, je ne suis pas certain qu'au Mali, les éléphants aient, eux non plus, croisé le gars Babar... à moins de n'avoir vraiment pas été sensibles à ses prêches coloniaux : ils ne portent pas de costumes 3 pièces ni n'apprennent les "bonnes" manières, ils sont d'authentiques Loxodonta africana, des éléphants d'Afrique de savane (puisque l'éléphant d'Afrique de forêt appartient à une espèce distincte (Loxodonta cyclotis)).
Pour les rencontrer, nous nous sommes enfoncés dans le Gourma, une région du Mali située à l'intérieur de la boucle du Niger (à partir d'Hombori). Nous avons alors récupéré un pisteur peul au village d'Inadiatafan. Lui seul était capable de lire les traces laissées au sol pour nous dégoter les fameux pachydermes.
A commencé alors un véritable jeu de piste...
Parmi les indices qu'utilisait notre guide, les premiers ont été les arbres fraîchement arrachés par le passage du troupeau. C'est qu'ils ne font pas dans le détail quand ils passent, et qu'il ne faut pas moins de 200 à 300 kg de feuillage par jour pour nourrir chacun des bestiaux !
Et chaque fois, le guide reprenait la même chorégraphie : avancer avec le 4x4 en nous indiquant une piste invisible, s'arrêter d'un coup, partir en courant les yeux rivés au sol, zigzaguant de trace en trace et ne faisant aucun bruit. Cela durait quelques minutes, et on le voyait revenir, rapidement, grimper dans la voiture et nous conduire pour 150m supplémentaires...
Et de temps en temps, alors que jamais je n'aurais imaginé la moindre présence animale dans les parages, d'autres indices apparaissaient : notamment d'énormes crottes et des traces de leurs pas puissants (à droite de mon pied sur la photo) qui ne trompent (sans jeu de mot) ni sur le régime alimentaire ni sur la taille de ces éléphants.
Si un éléphant avale ses 250 kg de feuillage par jour, il lui faut également ingurgiter 160 litres d'eau ! La proximité d'un point d'eau est donc absolument nécessaire et est à l'origine (avec la disponibilité en nourriture) de la migration qu'il effectue tout au long de l'année.
Ils parcourent ainsi une boucle d'environ 600 km : "les éléphants arrivent au Mali, en provenance du Burkina, en octobre sur la mare de Soum (environs de Douna). Ils se divisent alors en deux groupes qui, séparément, atteignent le prochain point d'abreuvement : la mare de Massi, puis ensuite la vaste mare d'Inadiatafan où ils séjournent longtemps. Ils repartent fin février à travers une vaste plaine herbeuse vers la mare de Banzena. Après avoir pris un grand bain, les pachydermes remontent vers les grands lacs où ils arrivent en avril-mai. Là, ils reprennent contact avec le second groupe. Les éléphants reprennent alors le chemin du retour en direction du Burkina qu'ils atteignent en juillet et le cycle migratoire reprend trois à quatre mois plus tard" (source : Nature & Faune, revue internationale pour la conservation de la nature en Afrique)...
Enfin, cette carte (p12-13) vous permettra surement de mieux situer !
Ils nous a donc fallu mettre nos pas dans les leurs pour les retrouver...
Au début des années 70, ils étaient présents dans les 6 régions
administratives que compte le Mali. Il ne reste aujourd'hui plus qu'une
seule population de 344 individus, ici dans le Gourma. Ce sont donc "les
éléphants les plus au nord existant aujourd'hui depuis l'extinction des
éléphants mauritaniens des montagnes Assaba dans les années 1980" (selon l'article "Les derniers éléphants du Sahel"). Selon ce même article, ils sont "les seuls survivants d'une population autrefois répandue dans tout le Sahel".
Leur migration est particulièrement bien connue depuis que certains éléphants ont été dotés d'un émetteur électronique. Cela dit, si on sait dans quelle région les trouver, ils parcourent quand même une dizaine de km par jour (poussant parfois l'escapade jusqu'à 50-60 km !).
(Ci-dessous, encore un autre indice de leur passage : les traces d'urine cristallisées)
Tout ça pour dire
qu'il ne suffit donc pas d'un bon pisteur.
Il faut aussi et surtout son lot de...
patience !
09 septembre 2007
un sphinx pour m'accueillir
J'ai donc emménagé dans une nouvelle maison...
Mais on a rien sans rien semble-t-il, et figurez-vous que l'entrée était gardée !
Comme d'autres en leur temps, il me fallu ainsi obtenir les bonnes grâces d'Apollon, qui m'envoyait son sbire... à moins que je ne prenais place sur les terres d'un ancien pharaon.
Quoi qu'il en soit, un sphinx splendide était là pour m'accueillir !
Après quelques formulations d'usage (i ka kene wa ? somogow ?*...) et tout l'toutim, l'atmosphère s'est détendue... Ce fut autour d'un verre (de flag bien sûr !) que je pu apprendre (de sa bouche, si si !) qu'il s'agissait d'un sphinx du laurier rose, daphnis nerii siouplait, un papillon nocturne que l'on trouve de mai à octobre, et qui est présent en Europe du Sud, Inde, Sri Lanka et en Afrique !
Vous reste donc maintenant à savoir, si vous comptez passer le pas de ma porte :
"τί ἐστιν ὃ μίαν ἔχον φωνὴν τετράπουν καὶ δίπουν καὶ τρίπουν γίνεται"
"Quel être, pourvu d’une seule voix, a d’abord quatre jambes, puis deux jambes, et trois jambes ensuite ?"
* Comment ça va ? et la famille ?
12 mars 2007
Horreur ! Malheur !
On connaissait les moustiques, semant la terreur au Mali,
Mais dorénavant, je saurai aussi que rodent à travers le pays...
les MOUTMOUTS !!!
Pire qu'un mammouth !
Bien pire qu'une moumoute !
Et pire encore qu'un mammouth à moumoute !!!
Il est vain de s'enfuir !
Rien ne sert de courir !
Ils sont là !
Les moutmouts !
Les mouches tsé tsé peuvent rejoindre Morphée,
Les abeilles africaines en sont reléguées à téter des pâquerettes !
Les insectes, les serpents, les araignées aussi, sans compter les virus, les bactéries, et les bandits de grands chemins... tous sont des jouets pour enfants, des caramels mous comparés aux....
.... Moutmouts !
Parce que j'aime autant vous dire que le moutmout, du haut de son ptit millimètre à tout casser, quand il vous chope le poignet ou vous croque un mollet... ils vous le suce jusqu'à la moelle !
C'est un petit moucheron de rien, qui sévit aussi sous le nom de Simulie (moutmout en Afrique), près des zones humides.
Ça ne paye pas de mine, mais semble remettre en jeu sa réputation hématophage à chaque morsure (oui, parce qu'en plus, ça mort !) !
Et bien sûr, il véhicule son lot de maladies parasitaires...
3 jours que je me gratte jusqu'à l'os !
Je n'ai qu'une chose à dire, en bon ami des bêtes :
saloperie d'bestiole !
21 février 2007
Au zoo de Bamako
Il y a 2 jours, avec Pierre, Nino et ma mère (repartie hier soir),
nous sommes allé nous essayer
au Zoo de Bamako...
Situé au dessus de l'arboretum sur la route montant à Koulouba (le palais présidentiel), c'est un ensemble qui a été fondé par Théodore Monod en 46. Voici un lieu dont la vocation est de présenter la biodiversité africaine dans toute sa splendeur et de sensibiliser sur sa fragilité, idéale ballade pour les amoureux, les familles ou les amis des bêtes (possibilité de cocher plusieurs cases).
Un lieu dont la fonction première est d'amener "les espèces animales, végétales et les êtres humains à se rencontrer de façon amicale" nous dit le Dr Keita, directeur du zoo.
C'est sa vocation...
mais ce zoo sera finalement là aussi pour nous rappeler que les vocations sont de bien belles ambitions... mais que tout le monde n'a pas les moyens de les atteindre : cosmonaute c'est bien, mais c'est haut.
parce que passé l'entrée, c'est la désolation...
J'aime autant vous dire que, si vous désirez y faire un tour, mieux vaut avoir le moral solidement harnaché !
Un panneau à l'entrée vous permet de repérer où se trouveront les girafes, éléphants, zèbres, lamantins, hippopotames, les oiseaux, les fauves, les singes... bref, un vrai plan de l'arche de Noé !
Mais l'arche semble avoir coulé depuis un certain temps... ou alors c'est que le Noé s'est barré.
Quoi qu'il en soit, une chose est certaine : par négligence et faute de moyen, personne n'est venu entretenir les naufragés. Un malien qui se désespérait du lieu qu'il avait connu avant la débâcle nous a ainsi confirmé comment les animaux étaient morts les uns après les autres.
Les seules bêtes qui trainent encore leurs guêtres font peine à voir : dans des cages minuscules, plombées par la chaleur et sans la moindre trace d'eau.
Comme symbole du zoo, une pensée émue pour ce lamantin, qui si j'ai bien compris, fut capturé par des braconniers dans le Niger, est mort faute de soin et se retrouve dorénavant embaumé et recouvert d'écritures dans ce sarcophage de verre déglingué.
Et s'enchainent ainsi des visions pittoresques de fauves squelettiques, d'animaux divers mais ayant tous en commun d'être moribonds (ou pour le moins dépressifs !)...
Et juste avant la triste vue du roi lion déchu, allez jeter un oeil sur son parc où s'entassent ses restes (de nourriture, pas du lion !) : si vous aimez les ânes, si vous aimez les têtes, alors l'empilement de têtes d'âne fera sensation !!
Enfin... les pancartes, époustouflantes, ne manqueront pas de vous redonner le sourire !!
La première est à l'entrée, juste à côté de la buvette....
Petite lueur d'espoir tout de même, les structures sont là. Il y a de la place et vraiment moyen de faire quelque chose de bien. Alors avec un peu d'argent en plus, et la volonté d'associations comme AGIR, peut-être arriveront-ils à réinjecter un peu de vie dans ce lieu.
Parce que ça urge, et c'est pas gagné...
A voir : ce petit reportage de 5 minutes de TV5, "les fauves de Bamako malades de la crise"
12 novembre 2006
un colocataire... pas piqué des vers !
Je ne crois pas l'avoir présenté à tout le monde,
il est pourtant plus que temps de le faire :
voici donc, c'est officiel,
mon nouveau colocataire !
Plutôt beau gosse à en croire les femelles du quartier, mais assez discret…
Propre sur lui si l’on n'est pas regardant quant aux quelques crottes qu’il dépose de ci de là.
Disons que ce n’est pas son principal défaut.
Et puis il est plutôt classe c‘est vrai. Il fait bonne impression.
Seulement quel caractère, mes aïeux !
Il n’y a qu’à le regarder hocher de la tête à longueur de journée pour revendiquer son territoire.
Je dois pourtant bien le reconnaître : il était là avant moi... Mais ça ne permet pas tout !
Et il ne trouve rien de mieux à faire pour m’impressionner que de me narguer en gonflant ses pectoraux comme un italien en maillot, et à passer son temps à faire des pompes comme s‘il préparait une sortie de prison.
bon, nous avons tout de même réussi à trouver un terrain d’entente. Une colocation réussie nécessite quelques concessions : alors je paye le loyer et lui me laisse la maison…
Honnêtement je pense qu’il s’en tire bien.
Il a une totale liberté, rien à s’occuper (loyer, entretien… tout ça c’est pour ma pomme) et il peut même ramener des copines !
Enfin bref.
Trêve de causerie...
Le voici donc, en tenu de parade.
J’ai nommé…
Le margouillat !
Authentique Agama agama !































