Le dit du Magot - Blog d'un français au Mali

Journal de Bamako : le blog d'un français au Mali ! Partagez les impressions & découvertes soulevées par mes premiers pas foulés en terre africaine...

27 mars 2009

Quelques paysages des Monts Hombori

Malgré les nombreuses pétitions signées, les appels répétés, les incantations faites et les sacrifices offerts à tous les Dieux croisés de ci de là (je ne suis pas regardant)... je n'ai encore pas obtenu satisfaction et la durée d'une journée n'est toujours pas passée à 48h !
Mais que font les autorités ?

Et voilà qui n'aide pas à être très productif : depuis quelques jours, Bamako s'est installée dans une nouvelle ambiance...
Le thermomètre a en effet explosé (ça y est, largement franchie et dès le premier essai, la barre des 40°C !), les premières pluies sont arrivées (un peu en avance, c'est la "pluie des mangues", que je prenais à mon arrivée comme un terme imagé pour décrire le fait que les mangues arrivaient à maturité et commençaient à tomber des arbres : la pluie des mangues n'est en fait pas une pluie de mangues !), et le déroulement de la journée a repris la cadence au rythme des coupures d'électricité (l'électricité malienne est d'origine hydroélectrique, or les clims tournent à fond et les moteurs de piscine s'activent tandis que le fleuve est au plus bas).

Il est donc temps de prendre la route et de s'extirper de la chaleur étouffante de Bamako : avant de partir pour quelques jours à Dakar (quelques jours de réflexion sur le développement durable, et j'espère bien quelques bons moments et belles découvertes dont je vous ferai échos)...

... je vous embarque aux Monts Hombori !

DSCN0338

Une route comme je les aime : qui s'élance à perte de vue en plein milieu de nulle part.
Et à 1000 km de Bamako, la falaise de Bandiagara se disloque et laisse alors place à un vrai paysage de western.

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La région, du nom du principal village (Hombori), doit son nom au point culminant du Mali : le mont Hombori Tondo, énorme monolithe de grès culminant à 1 155 m, qui semble avoir poussé dans la nuit (des temps j'entends) et qui pourrait servir de point de rendez-vous d'une prochaine rencontre du 3e type.

Je n'ai eu connaissance de ce projet qu'après mon retour, mais une mission scientifique pluridisciplinaire étudie en long en large et en travers ce massif : c'est le Projet Hombori, qui étudie notamment l'écosystème qui se trouve à son sommet, préservé de toutes pressions anthropiques... j'y retournerai cet été, et tacherai d'en savoir davantage !

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On en reparlera donc, puisque cette région est un de mes grands coups de cœur.
Pour aujourd'hui, je vous laisse avec le bonheur d'arriver en fin de journée, quand le soleil disparait derrière la mythique "main de fatma"...

main_de_fatma_hombori

Posté par Alexandre Magot à 11:45 - A Hombori - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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07 décembre 2008

surplombant Bamako, englouti par l'harmattan

Photo prise jeudi matin, en haut de la colline du point G surplombant le nord de Bamako... alors que la poussière saharienne véhiculée par l'harmattan avait recouvert l'horizon.

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Mais si depuis jeudi le froid s'est installé, la poussière elle est retombée...

Posté par Alexandre Magot à 21:10 - A Bamako - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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06 décembre 2008

Place à l'harmattan

Il y a, pour faire court, 3 saisons au Mali.

Je dis "pour faire court" parce qu'on pourrait ajouter de petits épisodes climatiques comme la petite saison chaude d'octobre, et parce que le Mali est un grand pays, sous diverses influences climatiques (saharienne, sahélienne et soudanaise). Il pleut ainsi dans la région de Sikasso (SE du Mali) autant que dans tous le reste du pays : un climat bien différent que celui de Tombouctou et de toute la région nord désertique.

3 saisons principales donc :
- Une saison chaude et sèche, de mars à juin environ (avec un pic de chaleur aux environ d'avril),
- la saison des pluies (l'hivernage) de juin à Septembre
- et une saison froide, d'octobre à février (avec un pic de fraicheur vers Décembre) .

Nous sommes en ce moment dans la saison fraiche... plus précisément, nous y sommes entrés en son cœur jeudi... et pour l'être encore davantage : dans la nuit de mercredi à jeudi !
Drôle d'apparition, alors que nous avions perdu l'habitude de nous demander le temps qu'il ferait et comment il faudrait s'habiller : légèrement de toute façon, le ciel serait bleu et les températures bien au-delà de la trentaine.
Quel ne fut donc pas notre surprise jeudi matin, en nous réveillant blottis dans les draps, et en croisant des maliens emmitouflés dans des doudounes, voir calfeutrés dans des cagoules : l'harmattan était arrivé !

Bon, évidemment, pour ceux qui me lirait d'ailleurs qu'au Mali, ce froid est tout relatif... c'est qu'à l'heure où je vous parle, il fait 16°C !
Cependant même s'il est relatif, il est bien froid pour autant. Combien de mort en France lorsque s'y trouve des températures caniculaires avoisinant celles de la saison chaude ici (mais combien de mort ici également ?)... selon l'IRD, l'arrivée de ce vent serait responsable de l'épidémie de méningite qui frappe l'Afrique de l'ouest chaque année, affectant 25 000 à 20 000 personnes (principalement les jeunes enfants).

Le Mali transformé par le froid, mais pas seulement...

AtmosphCirc2_fr

l'harmattan est un vent de la famille des alizés, ces vents intertropicaux déviés par la force de Coriolis et qui soufflent du nord-est au sud-ouest dans l'hémisphère nord (ce sont les petites flèches bleus).

L'harmattan provient quant à lui du Sahara... il véhicule alors une quantité de poussière phénoménale.

Jeudi matin, nous nous sommes réveillés dans le froid donc, mais également dans un nuage de poussière pour le moins impressionnant !

harmattan_1

On se serait cru dans un brouillard de montagne, on ne voyait pas le bout de la latérite !
Je suis monté en haut de la colline du point G, d'où l'on a habituellement un beau point de vue sur la ville...

harmattan_2

On y distinguait plus que les premières rangés d'habitations, mais le reste de la ville semblait avoir été gommé : Une atmosphère grise, froide, la tête dans le brouillard... je connaissais la saison froide, cette année nous aurons un hiver !

Note : étonnant ! Au moment où le froid et le vent s'emparent de Bamako... les mêmes font main basse sur Pékin, nous raconte Camillenchine ! Un autre exemple de la ChinAfrique ?!

Posté par Alexandre Magot à 10:38 - Au Mali - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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13 octobre 2008

Une saison des pluies à n'en plus finir

Des nouvelles de Bamako, avant d'arriver à Kalabougou !

On peut en être à se parler du temps qu'il fait lorsqu'on n'a plus rien à se dire... où qu'on se sent en confiance, assez pour parler de tout, de rien, et en l'occurrence des va-et-vient du baromètre.
Avouez que ces variations, pas toujours facilement supportables sur place, sont tout de même plus agréables à évoquer que d'autres variations omniprésentes sur les ondes depuis 1 mois !
2 ans qu'on se cause maintenant... on peut bien se parler de la pluie et du beau temps ! D'autant qu'avec les sujets concernant la nourriture au Mali, les maladies qui y traînent, et ce qu'est le niveau de développement d'un pays qui est justement dit en voie de l'être... cela fait partie du top 5 des sujets d'interrogations que je retrouve à chacun de mes retours au bercail français.

Et bien figurez-vous donc que nous sommes encore en pleine saison des pluies !
En voilà une qui se sent bien, ça fait plaisir, et qui tarde à rentrer chez elle. Les années précédentes, les dernières averses étaient, à la même date, déjà tombées depuis belle lurette, et un ciel sans nuage avait déjà pris solidement ses marques pour une dizaine de mois.
Mais non, aujourd'hui, l'idée de déclencher des pluies en saupoudrant du sel est bien loin : il a plu hier, il a plu ce matin encore...

Mais remarquez qu'à part le désagrément de se retrouver sous l'eau en moto, nous ne sommes pas spécialement impatients de voir la saison des pluies s'en aller : elle est habituellement suivie de ce qu'on nomme "la petite saison chaude". Passage assez exténuant avant la fraîcheur de décembre...

Une pluie, au Mali, c'est vraiment typique.

Il y a tout d'abord un gros vent qui se met à souffler. Le ciel peut bien avoir le calme d'une mer d'huile, c'est un vent qui ne fait pas un pli (enfin...) : la pluie arrive !
En 2 minutes à peine, ce sont alors des trombes d'eau qui s'abattent. Cela dure 1 heure ou 2, guère plus.

Bon, il faut y être pour voir ça. Vous venez ?
Magie de la technologie, je vous y emmène ! Dorénavant doté d'une petite caméra, je commence à m'amuser bien que tous mes (vains) efforts soient encore concentrés sur le fait de ne pas trop trembler. Moi qui peine à m'allumer une cigarette sans me cramer les sourcils, ce n'est pas gagné !

Allez, nous voilà dans ma latérite.
Prévoyez du change sec : ça va flotter !

[c'est en musique : Cloud in the sky, d'Archive]

Posté par Alexandre Magot à 14:20 - Au Mali - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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17 juin 2008

Mopti sauvée des eaux

Dans chaque pays, pour peu qu'une ville soit dotée d'un peu plus d'eau que la normale, la voilà estampillée Venise nationale.
Allez chercher, mais puisque visiblement il en fallait une au Mali, c'est tombé sur Mopti !

Mopti est en effet située à la croisé du Fleuve Niger et du Bani.
Je m'y suis rendu en Octobre, c'est à dire à la sortie de l'hivernage (la saison des pluies), j'y suis retourné en Février, entre la saison froide et sèche et la saison chaude. Le contraste est donc saisissant !
Venise submergée par des acqua alta ?
Mopti y serait peut-être bien pour quelque chose : une belle démonstration de vases communicants ?

quai_mopti_octobre

Voici donc le quai de Mopti...

quai_mopti_fevrier












mopti_octobreanse_mopti_fevrier




Et ici l'anse de Mopti, lieu du marché hebdomadaire.

Posté par Alexandre Magot à 10:21 - A Mopti - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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21 avril 2007

De l'eau !

hiroshigeÇa y est, ce soir aura eu lieu la première vraie pluie de l'année !

C'est visiblement un peu tôt pour que ce soit l'annonce de l'hivernage (ze real saison des pluies officielle !)... Alors serait-ce un soubresaut de la "pluie des mangues" ?
Au mois d'avril a en effet traditionnellement lieu un mini épisode pluvieux... mais habituellement rien de comparable avec les averses tropicales qui ont lieu de Juin à Octobre. Elles arrivent avec les mangues et leurs permettent de peaufiner leur maturation.
Elles permettent également, et ce n'est pas du luxe, de rafraichir temporairement l'air et plaquer au sol la poussière de latérite qu'on mange à la petite cuillère !

Il y a une semaine donc, nous avons ainsi eu quelques gouttes... 2, 3 à rivaliser vainement puisqu'elles étaient évaporées à peine tombées au sol !

Et cela a justement coïncidé avec mes premières récoltes de mangues dont je peux mesurer maintenant chaque jour l'incroyable saveur sucrée...

Alors que nous conte le climat ce soir ?
Pluie des mangues ? Pluie d'hivernage ?
l'affaire est à suivre !

Tout ce que je peux dire c'est que je me suis pris l'averse en moto et qu'une fois rentré j'ai trouvé mon gardien et ses collègues affairés autour de mon installation électrique crachant des éclairs...

Alors merci pour les mangues.
Merci pour le frais tout relatif.
Mais pour le reste...

Illustration : pas très malien, mais tellement beau ! Il s'agit d'une estampe d'Hiroshige. Van Gogh en a d'ailleurs fait sa propre version (le pont sous la pluie). Pour les amateurs, vous pouvez aussi aller jeter un oeil sur cette page "Mont Fuji et activités géologiques dans les estampes japonaises" que j'avais écrite l'an passé.

Posté par Alexandre Magot à 00:20 - Au Mali - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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29 novembre 2006

Fraîcheurs maliennes...

Ça y est, nous voilà entrés dans la meilleure saison !


Sortis il y a deux mois environ de la saison des pluies (au rythme d’une pluie tous les jours ou 2... mais alors je vous peux vous assurer que les nuages maliens rentabilisent leur sortie !)... Nous avons enchaîné en guise de transition avec la petite saison chaude comme ils l'appellent ici : Une poignée de semaines courant octobre qui nous laisse présager de ce que sera le mois d'avril (pic de la saison chaude qui s’étale de mars à Mai-Juin visiblement) !

temperature_mali


Enfin, nous voilà maintenant de façon certaine dans les prémices de la saison fraiche : de l'air et un lot de fraîcheur tant attendu depuis mon arrivée.

Bon, le frais est encore tout relatif et il faut vraiment le désirer pour le ressentir (les après-midi tournent encore autour de 35°C) mais quand vient la nuit, il sort sans rougir.

C’en est donc fini pour un temps des plongées en apnée dans les piscines des uns et des autres.
Terminé de tourner autour de la clim la nuit en essayant de se convaincre que l'on peut vivre sans.
Passées, les soirées enfermé dans le frigo en relisant "les derniers rois de Thulé"
...


J’ai même eu presque froid hier soir sur ma moto !
Et se cailler à en regretter sa ptite laine laissée dans un placard français quand il fait 22°C… ça me fait grelotter d’avance en pensant à ma réapparition métropolitaine de la fin d’année !


Mais en prévision des bouffées de chaleurs futures, et de celle que la pleine journée ne nous épargne finalement pas, j’en ai donc profité pour couvrir mon toit de seckos. Ce sont des panneaux de pailles tressées fixés sur un cadre en bambous que l’on installe sur les toitures, qui nous évite un chauffage par le toit et promettent une baisse de 4°C à l'intérieur : le mien est justement un vrai fourneau !

avant


Les conseils glanés étaient d’attendre que les températures baissent un peu et que les murs refroidissent. J’ai donc patienté, et ça m’aura laissé tout le temps d’entreprendre une négociation dans les règles de l’art malien : c’est-à-dire sans compter les heures, les jours… ni les semaines ! Sans rien compter en fait. Juste palabrer dans une joute qui prend toutes les tournures. Crier au scandale à l’annonce du prix, annoncer sois même un prix tout aussi scandaleux. Se lancer des répliques vives mais amusées… laisser faire le temps qui fait beaucoup de chose ici…
Et enfin, au bord de l’épuisement, tomber d’accord et taper trois fois sur le sol pour un prix qui nous convient à tous les deux.


pendant


Et donc, depuis quelques jours, c'est installé...

apr_s


Ne me reste plus, maintenant, qu’à aller faire un tour au marché pour négocier couettes remplumées, chauffage d'appoint, et bouillottes à gel thermo-actif…

Courbe des température : Guide du routard Afrique de l'Ouest 2006

Posté par Alexandre Magot à 13:35 - A Bamako - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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