Le dit du Magot - Blog d'un français au Mali

Journal de Bamako : le blog d'un français au Mali ! Partagez les impressions & découvertes soulevées par mes premiers pas foulés en terre africaine...

24 juin 2009

Sortie des marionnettes à Farako # 3

Suite et fin de la série sur la sortie des marionnettes qui a eu lieu à Farako, le 24 mai dernier.
Le meilleur pour la fin : puisque le moment était exceptionnel pour le village... Il fallait  donc que les marionnettes soient à la hauteur de l'événement !

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A cette occasion, clou du spectacle, une marionnette d'oiseau était présentée au public. Le moment était particulièrement fort puisque cette marionnette a toute une histoire et n'avait pas été sortie depuis... 107 ans et 4 mois !

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Toute l'assistance était en effervescence, quand un des vieux du village a pris la parole pour en raconter l'histoire.
A en croire le chant des griottes que vous entendez sur la vidéo, il s'agit d'une cigogne d'Abdim (baninkono en bambara, banin voulant dire fromager et kono, oiseau). Elle fut à l'origine d'un conflit qui opposa le roi de Sékoro et celui de Farako : ce dernier voulant prendre à son rival de l'ancienne capitale du royaume bambara sa plus belle marionnette. Ce ne fut possible que par une guerre qui fit de nombreux morts...

L'ambiance était à son comble dans le public : un mélange d'excitation et d'émotion. La file indienne de danseurs qui introduit la marionnette n'était pas constituée des jeunes du village cette fois-ci, mais par tous les vieux réunis.

Je vous laisse découvrir ce moment en vidéo.
A voir de bout en bout avec le son : le chant des griottes y est splendide !

Posté par Alexandre Magot à 12:05 - A Ségou - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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06 juin 2009

Danse des masques à Sogonafing # 3

Maintenant que vous avez vu comment sont introduits les masques (post du 25/05/09), et comment sont invités à danser les spectateurs (post du 01/06/09)... Terminons cette série sur la cérémonie de Sogonafing par un tour d'horizon des différents masques présentés.

En allant sur ce site, vous pourrez y reconnaître certains d'entre eux et comprendre leur signification.
A la fin de la cérémonie, apparaissent deux grandes marionnettes : introduction toute trouvée à ce qui fera l'objet des prochains articles !

En attendant, bon week-end à tous !

Posté par Alexandre Magot à 00:37 - A Bamako - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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01 juin 2009

Danse des masques à Sogonafing # 2

Suite de cette cérémonie des masques à laquelle j'ai assisté il y a 2 mois...  Les masques sont entrés en scène et ont entamé quelques tours de piste.

Une fois les présentations faites, et toujours guidés par l'animateur, les masques passent parmi les spectateurs en les narguant d'une sorte de petit fouet. Ils s'attardent parfois devant l'un d'eux, mais repartent. Font mine de s'arrêter devant un autre, mais poursuivent finalement leur danse...

Cette fois-ci, je me tenais à l'écart, j'étais prévenu.
Parce que si le porteur de masque vous remet le flambeau, sachez qu'il n'y a plus aucun recours possible. Le sort en sera scellé, les dés déjà jetés, alea jacta est ! Ji bonen tè sé ka cè*... Et vous aurez beau faire le tour de toutes les expressions du type, en français, bambara ou en latin, lancer des appels à la clémence, des demandes de grâce des plus irrésistibles, agrémentées de votre regard le plus doux, le plus tendre, le plus ensorcelant... 
Ne comptez sur personne : il ne vous restera plus d'autre alternative que d'entrer en scène et danser jusqu'à ce que votre dernière once d'énergie soit tarie ! Et la concurrence est rude.
Oui, ça sent le vécu... on ne m'y reprendra plus !

La vidéo qui suit présente ce passage de témoin.
On y voit le masque Saramanin ("sarama" voulant dire "qui a du charme" et le suffixe "-nin" signifiant "petit"), évoquant la vertu du travail...

* en bambara, mais il me manque des lettres pour respecter l'orthographe : l'eau jetée ne peut être rassemblée.

Posté par Alexandre Magot à 08:00 - A Bamako - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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25 mai 2009

Danse des masques à Sogonafing

Il y a 2 mois, j'ai été invité à une cérémonie de danse des masques à Sogonafing, un village situé à la périphérie de Bamako.

Les masques sont très importants pour beaucoup d'ethnies au Mali.
Ceux du pays dogon sont extrêmement connus... Il y en a pourtant des tas d'autres, comme ceux sortis ici dans un village bambara.

Les masques sont souvent portés lors de cérémonies qui, cette fois-ci en témoigne, n'ont rien d'un événement particulièrement mystique ou animiste comme le penseraient et aiment le penser beaucoup d'Occidentaux (et à le laisser penser bien des guides). Ce sont surtout de grands moments festifs.

A Sogonafing, les masques sont gardés par une famille du village, et sont portés quand l'occasion se présente (suite à un événement particulier, ou parce que quelqu'un en fait la demande et apporte l'argent nécessaire à l'organisation d'un tel événement) : C'est alors une grande fête pour tout le monde (les grands et bien sûr les petits), qui dure jusqu'au petit matin !

On parlera de ce genre de cérémonies ces prochains jours : j'ai en effet eu l'occasion d'assister à une autre danse des masques, pas plus tard qu'hier, à Farako (non loin de Ségou).

La sortie d'un masque est quelque chose qui répond à un schéma très stéréotypé : à Sogonafing, les masques vont par paire et sont portés par des hommes déguisés des pieds à la tête. Ils sont accompagnés d'un "animateur des masques", comme c'est écrit sur son t-shirt (l'homme tout en blanc, coiffé d'une casquette). Ce dernier porte un sifflet et son rôle, en plus de chauffer l'ambiance parmi les spectateurs, est de guider les hommes masqués. Il leur fait ainsi réaliser une chorégraphie visiblement très précise, mais que lui seul semble connaître.

Je n'avais pas de guide, et n'ai donc pas eu toutes les significations des différents gestes, ni des différents masques. Je vous laisse donc découvrir cette cérémonie, comme moi : simplement en la regardant.

Pour aujourd'hui, commençons par le commencement :

les masques entrent en scène et se présentent,
faisant quelques tours de piste...
(c'est en musique)


Édito : A l'origine, les masques sont des objets sacrés permettant "de se métamorphoser, de quitter la dimension humaine pour entrer dans celle des animaux, des esprits et des génies", les masques que l'on voit sur cette vidéo sont deux masques Ntomo, ou N'Domo ( voir cette page pour de plus amples explications) : ils représentent "la première société d’initiation, la soumission de la jeunesse au grand âge comme source inépuisable de savoir et de connaissance."
La première et dernière citations de cet édito viennent de cette page de carre-mandingue, consacrée à l'association des masques et marionnettes de Sogonafing. 

Posté par Alexandre Magot à 19:39 - A Bamako - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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15 mai 2009

Enfin là, les éléphants du Gourma !

Si nous les avons finalement rencontrés assez rapidement au petit soir, à 10 minutes en voiture d'Inadiatafan... ils nous aura fallu en revanche nous armer de patience le lendemain matin, et les pister pendant plus de 3h pour les retrouver à une dizaine de km de là !
Les traces ne suffisaient plus, il fallait du flair... et demander aux peuls et aux campements touareg s'ils n'avaient pas croisé un troupeau : ça ne passe habituellement pas inaperçu !

Et donc, oui : nous les avons vus ces fameux éléphants du Gourma !
Pas seulement leurs traces, mais bien un groupe composé de mâles et de femelles avec leurs petits... et j'aime autant vous dire que ce n'est pas qu'impressionnant : ça fait même carrément peur !

Il faut dire que j'avais vu des éléphants en 2005 lors d'un voyage au Sri Lanka (pays où les éléphants sont omniprésents !). Les éléphants d'Asie (Elephas maximus) sont plus petit que ceux qui vivent en Afrique, avec des oreilles bien plus courtes, une extrémité de la trompe ne formant qu'un doigt préhensile (contre deux ici), les défenses sont absentes chez les femelles et la plupart des mâles et ils possèdent également 2 bosses sur le haut du crâne... La sous-espèce sri-lankaise (Elephas maximus maximus) présente en plus souvent une dépigmentation sur la face.

Et il était alors absolument, mais absolument hors de question de les approcher de trop près, ni de descendre du 4x4 ! Le guide était en permanence sur le qui-vive : on ne rigolait pas avec les éléphants... (je me souviens d'ailleurs d'un mâle solitaire (les plus agressifs) croisé sur le bord d'une route. Il nous avait été catégoriquement refusé de s'arrêter, tout juste avions-nous pu ralentir pour le voir...).

(Ci-dessous, mes photos prises au Sri-Lanka).

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C'était la version sri-lankaise... dans la version malienne nous avons laissé la voiture, marché pendant une bonne heure pour aller les trouver à 20m à peine de nous, et se faire tirer par la manche par le pisteur peul, ne comprenant pas que les voir à cette distance nous suffisait amplement... Tout cela n'avait absolument rien, mais rien de rassurant !

Difficile donc dans ce cas de faire la part des choses entre la peur que la puissance de tels animaux inspire (ce sont les plus grands animaux terrestres !) et l'inconscience mêlée au fatalisme...

D'autant que le guide s'amusait de la panique des touristes qu'il avait accompagnés la veille lorsqu'un des éléphants a fait mine de charger !
Les éléphants ont un odorat particulièrement développé... ceux-là nous ont non seulement largement reniflés, mais nous voyaient et, s'aspergeant de poussière et battant des oreilles, affichaient ainsi clairement leur mécontentement...

Tout ira bien, inch'Allah !

Enfin, nous les avons vus ces éléphants ! Quelques-uns des 344 survivants des éléphants du Sahel.
Susan Canney explique dans ce dossier, que "l'aire de répartition des éléphants en Afrique de l'Ouest était autrefois en grande partie continue des forêts côtières jusqu'au Sahara. Aujourd'hui, les éléphants forment de petites populations, très fragmentées, isolés géographiquement dont plus de la moitié comptent moins de 100 individus. Les éléphants de la région du Gourma au Mali constituent une population restante remarquable qui représente 12% de l'ensemble des éléphants de l'Afrique de l'Ouest".

Toutes les populations sahéliennes ont été décimées lors de la grande période de braconnage des années 1980... Ceux-là doivent leur survie à la tolérance des populations locales, à l'isolement de la région et au fait que leurs petites défenses soient constituées d'ivoire de mauvaise qualité...

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elephants_gourma_3

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[Merci à l'ami Sylvain Ramuzat pour ces 4 photos !]

Des survivants donc, mais en sursis semble-t-il... puisque "la diminution de la pluviométrie, le développement de l'agriculture et des fermes à bétail, la sédentarisation des communautés humaines et les programmes de développement de l'eau, changent actuellement la relation entre les éléphants, les Hommes et l'écosystème sahélien. Les Hommes et les éléphants rivalisent de plus en plus pour les mêmes ressources" (source : dossier susmentionné).
Un vaste projet de conservation et de valorisation de la biodiversité du Gourma et des éléphants (PCVBGE) a donc été initié depuis 2005 par le gouvernement malien et financé par la banque mondiale...

Nous les avons donc vus, finalement, ces fameux éléphants. Et si Babar n'a pas montré sa trompe, crois-moi bambin, il ne devait pas être bien loin...

Ce petit film est dédié à Elyandre... je le poste avec une bise.
Musique
: extrait de "ain't no sunshine when she's gone" de Bill Withers

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09 mars 2009

Lancer d'épervier bozo

L'an passé (voir post du 26/03/08), je vous avais parlé des bozos, une ethnie de pêcheurs omniprésente sur le fleuve Niger...
J'avais alors terminé l'article par une photo de lancer d'épervier, ces filets coniques plombés sur les cotés que lancent les pêcheurs dans un geste d'une splendide maîtrise.

Noël dernier, avec l'ami Salif,
ce fut l'occasion de rejouer à la capture du lancer.
Du côté du lac Débo cette fois-ci...
... Et en vidéo ce coup-là !

Salutation spéciale aux 2 voyageurs rencontrés hier, à Ségou, grâce à ce blog
avec qui il fut bien agréable de refaire le monde...
Comme on dit ici :
ka sira diya ! (Bonne route !)
Ka se ni i numan ye ! (Que l'arrivée se fasse avec facilité !)

Posté par Alexandre Magot à 17:03 - A Mopti - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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14 janvier 2009

Le finisun

Seconde pensée à JcB,
et avec lui pour Marie, Jany et Marie-Claude...

Je vous ai parlé, l'an passé, de l’arbre à sac, espèce très répandue au Mali…
Poursuivons la découverte de notre environnement botanique : aujourd’hui je vous parle du finisun (ou «arbre à linge»).

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C’est un arbre surprenant : à voir ses branches tortueuses, on pourrait le donner pour mort… pourtant quelques feuilles s’en détachent, longues, colorées, battues par le vent et rappelant qu'au sein de cette silhouette frêle, une sève pleine de vie coule bel et bien.

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De nombreuses histoires font référence à cet arbre. Bien des caractères en favorisent la participation à des mythes : son développement révèle en effet à la fois l’existence d’une source d’eau proche, de chaleur et de vent, et est presque systématiquement lié à une présence humaine.

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De nombreux djinns lui sont ainsi associés, et c’est à ses pieds (sous leur protection assurent certains) que l’on trouve couramment les femmes du village venues tirer l’eau du puits, faire lessives, vaisselles et causeries.

Certains se demandent pourtant si c’est la présence de cet arbre qui est nécessaire à toute implantation humaine… ou si c’est l’Homme qui, au contraire, favorise son développement.

Pour les ethnologues qui, régulièrement, travaillent sur les liens qui unissent cet arbre à l’activité humaine, il semblerait que ce soient les Hommes qui, de par leur présence, favorisent le développement de cette plante.

finidun_4

Pourtant un vieux m’a confié une histoire. C‘était un Kouyaté, représentant d‘une illustre famille de griots (le premier des  Kouyaté griots fut celui du grand Soundjata Keita !). Son histoire lui venait de son père, qui lui-même la tenait de son grand-père. L’origine se perdait mais la véracité de son récit ne devait pas en souffrir : un tel arbre, me confia-t-il, se trouvait sur le chemin qui menait du village d’un de ses anciens au village de celle que sa famille lui avait destinée. Cet arbre avait l’allure d’un arbre mort depuis des siècles. Pourtant les branches ne tombaient pas…
Cet ancêtre devait donc se marier, et il alla voir un marabout, comme c’est la coutume, pour lui poser des questions sur le nombre de fils qu’il aurait et sur le respect que susciterait son nom. Le vieil homme lança ses cauris, et moyennant le prix d’un poulet, lui dit : tu en auras 4, et 5 filles. Pour ton nom tu ne dois pas t’en soucier, ce sera un bon mariage. Mais dans 8 mois, 8 semaines et 8 jours, vous devrez quitter le village et vous installer à mi-chemin. Là où se tient l’arbre mort qui ne veut pas tomber.

Le jour du mariage vint.
Ils s’installèrent à mi-chemin.
Ce fut juste avant la naissance du premier enfant.

Plus tard d’autres familles les ont rejoints…

Et un jour, alors qu’il revenait d’une visite dans sa famille, n’y pensant plus,  il vit les feuilles gigantesques, aux couleurs défiant la lumière du jour, battues par le vent comme pour  qu'on puisse en tirer toute la sagesse et en connaître toutes les histoires….
Il y avait de l’eau.
Il y avait de la vie.
Un nouveau village venait de se former.

Cela s’est passé ainsi. Quand un finisun fleurit, la vie s’installe.

Le village s’associe à ses racines.


Musique : Devandra Banhart, A Ribbon (album Nino Rojo)

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13 octobre 2008

Une saison des pluies à n'en plus finir

Des nouvelles de Bamako, avant d'arriver à Kalabougou !

On peut en être à se parler du temps qu'il fait lorsqu'on n'a plus rien à se dire... où qu'on se sent en confiance, assez pour parler de tout, de rien, et en l'occurrence des va-et-vient du baromètre.
Avouez que ces variations, pas toujours facilement supportables sur place, sont tout de même plus agréables à évoquer que d'autres variations omniprésentes sur les ondes depuis 1 mois !
2 ans qu'on se cause maintenant... on peut bien se parler de la pluie et du beau temps ! D'autant qu'avec les sujets concernant la nourriture au Mali, les maladies qui y traînent, et ce qu'est le niveau de développement d'un pays qui est justement dit en voie de l'être... cela fait partie du top 5 des sujets d'interrogations que je retrouve à chacun de mes retours au bercail français.

Et bien figurez-vous donc que nous sommes encore en pleine saison des pluies !
En voilà une qui se sent bien, ça fait plaisir, et qui tarde à rentrer chez elle. Les années précédentes, les dernières averses étaient, à la même date, déjà tombées depuis belle lurette, et un ciel sans nuage avait déjà pris solidement ses marques pour une dizaine de mois.
Mais non, aujourd'hui, l'idée de déclencher des pluies en saupoudrant du sel est bien loin : il a plu hier, il a plu ce matin encore...

Mais remarquez qu'à part le désagrément de se retrouver sous l'eau en moto, nous ne sommes pas spécialement impatients de voir la saison des pluies s'en aller : elle est habituellement suivie de ce qu'on nomme "la petite saison chaude". Passage assez exténuant avant la fraîcheur de décembre...

Une pluie, au Mali, c'est vraiment typique.

Il y a tout d'abord un gros vent qui se met à souffler. Le ciel peut bien avoir le calme d'une mer d'huile, c'est un vent qui ne fait pas un pli (enfin...) : la pluie arrive !
En 2 minutes à peine, ce sont alors des trombes d'eau qui s'abattent. Cela dure 1 heure ou 2, guère plus.

Bon, il faut y être pour voir ça. Vous venez ?
Magie de la technologie, je vous y emmène ! Dorénavant doté d'une petite caméra, je commence à m'amuser bien que tous mes (vains) efforts soient encore concentrés sur le fait de ne pas trop trembler. Moi qui peine à m'allumer une cigarette sans me cramer les sourcils, ce n'est pas gagné !

Allez, nous voilà dans ma latérite.
Prévoyez du change sec : ça va flotter !

[c'est en musique : Cloud in the sky, d'Archive]

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07 mai 2008

Et pendant ce temps...

... sur les bords du fleuve Niger


(vidéo de qualité plus que médiocre. Cliquez sur HQ pour améliorer un peu les images)

Posté par Alexandre Magot à 20:01 - Au Mali - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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03 avril 2008

Les bords du fleuve

Cette fois ci je vous embarque avec moi !
Faites votre nid sur la pinasse !

Chaque fois que vous passez près d'un village c'est le même petit air de fête qui se met à souffler : tous les enfants clament des "toubabou ça vaaaaa", "toubabou ça vaaaaaa"... d'une façon si mécanique que l'on se demande s'ils comprennent le sens exact de ces mots !
Que du bonheur que d'entendre ça !

Bien plus hélas, que les inévitables "toubabou donne moi le bidon, donne moi le cadeau, donne moi le biki" qui ne manquent pas...
(s'il vous plait, si vous tenez à venir au Mali les poches remplies de stylo... prenez au moins la peine de les donner à un professeur dans une école, et évitez de les écouler par poignées aux premiers enfants venus !! Si vous saviez l'impact que ça a !! m'enfin...)

Au fait, les toubabous... ce sont nous autres les blancs ! (un toubab, mais des toubabous : en bambara les pluriels se font en ajoutant un w final, se prononçant -ou-)

Quant aux fameux biki : en bambara on ne laisse pas 2 consonnes placées à la suite l'une de l'autre ni un mot se terminer par une consonne : on ajoute donc un i à la fin ou entre les trous !
Et c'est valable aussi pour nos prénoms européens : Impossible ici de prononcer Martine, se sera Maritini (que je salue au passage !), Géraldine sera Géralidini (hop, une deuxième bise), Virginie sera... euh, non, mauvais exemple (mais qui n'empêche pas la spéciale dédicace chilienne) !
C'est donc là un avantage précieux si vous voulez parler bambara et qu'un mot vous manque : prenez le mots français, ajoutez un i et vous voilà (presque) bilingue !

Bref, nous voici installés comme des coqs en pâte sur la pinasse de Salif.
Le Mali défile au rythme du Niger.
Et on ne compte plus les bonjours dis de la main : ceux-là sont compris par tous !

(C'est un essai de vidéo avec mon appareil photo, la qualité est donc médiocre. Cliquez sur HQ pr augmenter un peu la résolution)


Voyez le niveau du fleuve en Février : lorsque je suis passé par là en Octobre, l'eau atteignait le haut de la berge !!
Et voyez aussi l'importance de l'érosion ! Chaque fois que l'on passe près d'un village en banco construit sur le bord du fleuve, c'est le même spectacle : la berge recule et on observe ainsi tout un front de maisons scalpées !!

Posté par Alexandre Magot à 17:43 - Au Mali - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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