Hier au CCF a eut lieu une projection-conférence sur la préservation du patrimoine de Djenné, et plus généralement de l'architecture en terre crue soudanaise.

Une soirée produite dans le cadre de Terra 2008, la 10e édition de la conférence internationale sur l'étude et la conservation du patrimoine bâti en terre, organisée par l'Institut Getty de conservation et le Ministère de la Culture du Mali, en collaboration avec (entre autres) CRATerre et son programme Africa 2009, et qui s'est tenu du 1er au 5 Février ici, à Bamako.

L'occasion dans un premier temps de découvrir le travail de Djenné-Patrimoine, une association basée à Djenné qui a pour but de préserver le patrimoine de Djenné et sa région.

futureofmud

Puis de se régaler de la projection d'un film splendide :


The Future of Mud : a Tale of Houses and Lives in Djenne


un documentaire de 58 minutes réalisé l'an passé par Susan Vogel : Un film extrêmement intéressant, touchant, et qui présente des images -notamment la journée du crépissage de la mosquée- particulièrement fortes !

En voici la bande-annonce (3min30) :

Une soirée dédiée à l'architecture soudanaise et sa préservation donc, où de nombreux problèmes ont pu être posés et développés sous leurs différents aspects, à savoir principalement : comment accorder la préservation d'un patrimoine tel que celui ci sans pour autant l'enfermer sous globe.
Djenné patrimoine défend l'idée de créer des zones de conservation : une première, restreinte, où on ne doit toucher à rien. Une seconde où l'on peut seulement revoir les espaces intérieurs, une troisième où le plan d'occupation des sols seul doit être préservé tout en respectant autant que possible les codes architecturaux.

Mais Djenné est une ville, et non un musée. L'architecture est une symbiose entre des techniques, des espaces et des vies... or ces dernières évoluent et malgré tout l'architecture de Djenné doit en tenir compte.

Cruel dilemme donc...

Enfin, la conservation des techniques de fabrication semble également être au coeur du problème, car outre le fait que le ciment, les briques etc remplacent inexorablement les constructions en banco, la technique même du banco -particulière à Djenné- est en perdition totale !
A Djenné, les briques de terre crue sont traditionnellement de forme cylindrique et d'une composition spécifique (les Djenne ferrey). Or dorénavant, celles-ci sont remplacées (dans les nouvelles constructions en banco, mais également lors des restaurations) par des briques de terre crue moulées dans un cadre de bois : les "toubabou ferrey" (apparue avec la colonisation... les "toubabous", ce sont "les blancs" !).

Bref, une soirée très riche sur Djenné que j'irai découvrir dans un mois et dont je vous reparlerai surement très bientôt !