L'isolement géographique insulaire favorise l'apparition de nouvelles espèces. Le génial Darwin l'avait bien remarqué, puisque c'est notamment en observant les différentes espèces de pinsons (en réalité des géospizes) des îles Galapagos qu'il comprit le mécanisme de l'évolution (voir ici).

Les îles du Cap-Vert ne font pas exception, et présentent, elles aussi, leurs espèces endémiques.

On préférerait peut-être s'attendre à y trouver une version de girafe à petit cou, un lion à la crinière rasta, ou encore une luciole qui, la nuit venue, non seulement brillerait façon stroboscope, mais jouerait aussi les DJ...
On pourrait s'attendre également à devoir marcher des jours et des jours et des jours, buvant la sève des arbres et se nourrissant de ses semelles de chaussures pour, peut-être, avec de la chance, entrapercevoir l'un de ces spécimens...

Rien de tout ça : l'une des espèces endémiques du Cap-Vert n'est autre que la plus banale de toutes, le moineau du Cap-Vert (Passer iagoensis) !

La femelle se distingue principalement par un sourcil beige particulièrement marqué.

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Le mâle, quant à lui, présente une calotte noire en haut du crâne que n'ont pas les autres espèces de moineaux.

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A comparer donc, avec le moineau domestique (Passer domesticus) : le mâle a une calotte grise et la tête un peu plus terne de la femelle ne laisse pas autant apparaître le sourcil; et avec le moineau espagnol (Passer hipaniolensis), dont la calotte du mâle est brune et dont la femelle ressemble à celle du moineau domestique.

Rien de sensationnel, dira-t-on. Ce qui ne l'empêche pas d'arborer haut et fort ses couleurs !

(sur cette photo, le mâle est en parade nuptiale, les ailes pointées vers le bas).

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